Ornikar, la première école de conduite en ligne, franchit une première étape

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un véhicule d'auto-école.
Illustration d'un véhicule d'auto-école. — PFG/SIPA

C’est une première victoire pour Ornikar. Ce mercredi, le tribunal de commerce a donné raison à la start-up en déboutant les associations et syndicats qui demandaient sa suspension. Dans sa décision, datée de mardi, le tribunal a estimé que «l’activité exercée par Ornikar, à ce jour, ne (pouvait) constituer le trouble illicite invoqué par les demandeurs». Ornikar a «démontré qu’elle (n’avait) pas, à ce jour, faute d’agrément, dispensé un seul cours de conduite», a poursuivi le tribunal.

Ornikar est «allé plus vite que la musique»

Créée fin 2013, la start-up s’est autoproclamée «première école de conduite française en ligne». Une organisation particulière qui doit lui permettre de fournir un service à un coût défiant toute concurrence. De l’entraînement au code à la réservation des heures de conduite et l’inscription des élèves à l’examen en candidat libre, tout doit permettre de réduire le coût du permis et le délai d’attente pour passer l’examen. Et il semblerait que le concept fonctionne: le premier forfait proposé est estimé à moins de 700 euros, contre un prix moyen de 1.500 euros, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Ornikar viendrait alors directement concurrencer les auto-écoles classiques. Mais ces dernières n’entendent pas se laisser prendre leur clientèle. Aussi, le 27 juin, six associations et syndicats ont assigné la société par une procédure d’urgence. Ils l’accusaient de s’être lancée avant de disposer de l’agrément nécessaire. Pour les six plaignants, la mise en ligne du site, bien que non activé, équivalait à «une activité d’auto-école quand bien même ils ne dispensent aucun cours». Selon leur avocat, Me Claude Legond, Ornikar était allé «plus vite que la musique» en activant son site. L’avocat d’Ornikar, Me Xavier Ondinot, avait alors plaidé que le site n’était, en l’état, qu’une «vitrine». Un argument entendu ce mercredi par le tribunal de commerce.

Un parcours encore semé d’embûches

Si Ornikar a levé un premier obstacle, son parcours n’en reste pas moins incertain. Car pour l’heure, l’école de conduite alternative n’a toujours pas obtenu son agrément. Elle a essuyé un avis défavorable d’un comité consultatif après une première demande. Les défenseurs d’Ornikar avaient d’ailleurs souligné que plusieurs des plaignants siégeaient à ce comité.

Même si son projet semble correspondre à la volonté du gouvernement de réformer le permis de conduire, les évolutions proposées par Ornikar sont telles que les professionnels tardent à lui délivrer le précieux document. Mais depuis la décision du tribunal, son avocat se veut confiant. «A présent, nous espérons que l’administration nous entende enfin et que monsieur le préfet de police de Paris nous délivre l’agrément administratif que nous avons sollicité il y a déjà plus de 6 mois», a réagi la société dans un communiqué. Pour Ornikar, la prochaine étape est fixée au 15 juillet: les gérants seront reçus par Manuel Valls pour présenter leur concept.