SNCM: Les discussions entre actionnaires et salariés sont au point mort

SOCIAL Les négociations ont avorté, ce mercredi, 25 minutes après le début de la réunion…

Vincent Vantighem

— 

Des employés de la SNCM en grève applaudissent le 4 juillet 2014 lors de l'arrivée du bateau "Jean Nicoli" dans le port de Marseille après son départ de Porto-Vecchio à la suite de heurts avec des commerçants corses
Des employés de la SNCM en grève applaudissent le 4 juillet 2014 lors de l'arrivée du bateau "Jean Nicoli" dans le port de Marseille après son départ de Porto-Vecchio à la suite de heurts avec des commerçants corses — Bertrand Langlois AFP

Ils ne rament pas vraiment dans le même sens… Les discussions entre Transdev, l’actionnaire majoritaire de la SNCM, l’Etat, et l’intersyndicale de la compagnie maritime, demeuraient au point mort mercredi, les négociations ayant été suspendues 25 minutes après avoir repris peu avant dix heures.

>> Les Faits: Début de négociations sur fond de grève

Les négociateurs se sont donné rendez-vous à 16h00; les représentants des actionnaires ont expliqué que des «discussions entre actionnaires» -l’Etat (25 %) et Transdev (66 %)-, devaient avoir lieu au préalable.

Valls: «Une entreprise en train de couler»

En entrant dans la réunion mercredi au troisième jour de négociations sous l’égide du médiateur gouvernemental, Gilles Bélier, les syndicats étaient remontés contre les propos, la veille, du Premier ministre, Manuel Valls, qui a de nouveau évoqué la voie d’un redressement judiciaire de la compagnie.

Manuel Valls sur la SNCM: "L’entreprise est en danger de mort" sur WAT. tv


«La vérité oblige à dire aux salariés que cette situation ne peut plus durer et qu’il faut un redressement judiciaire parce que cette entreprise est en train de couler», a-t-il déclaré sur TF1.

Des propos «dramatiques»

«Les propos de Manuel Valls sont dramatiques», a commenté Pierre Maupoint de Vandeul, délégué syndical CFE CGC des officiers. «Il est là pour mettre le feu», a renchéri Frédéric Dos, délégué syndical de la CFDT.

«Les négociations tournent autour de ça. Pendant qu’il prône le dialogue et que les salariés cherchent une solution pour éviter le redressement judiciaire, le Premier ministre vient au journal de TF1 dire qu’il faut faire un redressement judiciaire», a dénoncé le secrétaire général de la CGT, Jean-François Simmarano.

Transdev refuse de donner son aval?

Selon les syndicats, un «texte de consensus» dans un «cadre sécurisé», excluant, donc, tout recours au tribunal de commerce jusqu’à la fin de l’année, avait le soutien du médiateur, de l’Etat et de la direction. Seul l’actionnaire majoritaire, Transdev, refusait jusque-là de donner son aval.

«Ce sont eux qui bloquent depuis trois jours», a affirmé M. Dos. «Il serait bon que M. Valls prenne les bonnes informations avant de fustiger les salariés de la SNCM», a souligné M. Simmarano.

Alors qu’un accord semblait se dessiner mardi en cours de journée, les discussions se sont prolongées dans la soirée après le veto opposé par Transdev au premier texte. Après plusieurs longues interruptions de séances, lors desquelles les représentants de Transdev en référaient régulièrement à leurs actionnaires, les négociateurs se sont quittés mardi soir sans aboutir.