Alstom: le gendarme boursier met en garde l'Etat sur sa montée au capital

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Le minsitre de l'Economie Arnaud Montebourg visite un site d'Alstom au Creusot, le 25 juin 2014
Le minsitre de l'Economie Arnaud Montebourg visite un site d'Alstom au Creusot, le 25 juin 2014 — Philippe Merle AFP

L'Autorité des marchés financiers a mis l'Etat en garde jeudi sur le risque présenté par sa stratégie de montée au capital d'Alstom, qui pourrait placer les pouvoirs publics à leur insu dans l'obligation de déclencher une offre publique d'achat sur le groupe industriel.

Dans un avis rendu public en fin de journée, l'AMF a estimé que «l'Etat et Bouygues (ndlr, actionnaire à 29,4% d'Alstom) agissent de concert» dans ce dossier et s'exposent donc au risque de dépasser à eux deux le seuil des 30% du capital, obligeant à une OPA.

Interrogé par l'AFP, le patron de l'Agence des participations de l'Etat, David Azéma, a relativisé l'impact de cette décision du gendarme boursier, qui ne remet pas pour autant en question la validité de l'accord.

Cet accord conclu le 22 juin prévoit que l'Etat se donne les moyens d'acquérir 20% du capital d'Alstom, une fois l'alliance bouclée avec l'américain General Electric, soit en rachetant des actions auprès de Bouygues, soit directement sur le marché.

C'est le dernier aspect de cet accord qui pourrait poser problème, puisque si l'Etat rachetait directement sur le marché sans passer par Bouygues, le seuil des 30% pourrait être assez vite atteint.

Pour décider que les deux entités agissent de concert, ce qui signifie que les deux parties ont une stratégie commune sur Alstom, le gendarme de la Bourse s'appuie notamment sur le prêt de titres accordé par Bouygues à l'Etat, qui permet à ce dernier d'avoir des relais au conseil d'administration et de peser sur la stratégie.

Aux yeux de l'AMF, l'accord permet de «mettre en oeuvre une politique commune vis-à-vis de la société Alstom, laquelle consiste notamment en un projet devenu commun, la réalisation de l’alliance avec General Electric, qu’aucune des parties ne pouvait conduire sans l’accord de l’autre».

«La notion de concert est une notion complexe, nous ne pouvions pas savoir quelle serait la position prise par l'AMF, nous avions prévu les deux cas de figure», a réagi le patron de l'APE.

«La seule conséquence est que les deux parties veilleront à ne pas franchir ensemble le seuil de déclenchement d'une offre publique», a assuré à l'AFP David Azéma.