La Bourse de Paris dopée par la BCE et l'emploi américain

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Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 15 décembre 2009
Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 15 décembre 2009 — Jacques Demarthon AFP

La Bourse de Paris a nettement rebondi (+1,02%) jeudi, dopée par le discours du président de la Banque centrale européenne (BCE) et un rapport mensuel sur l'emploi américain meilleur que prévu.

L'indice CAC 40 a gagné 45,16 points à 4.489,88 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,3 milliards d'euros. La veille, il avait perdu 0,37%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a gagné 1,19% et Londres 0,72%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a pris 1,15%.

Après avoir ouvert à l'équilibre, la cote parisienne a fait preuve de timidité avant de s'ancrer dans le vert, aidée par le discours du président de la BCE Mario Draghi et confortée par un démarrage positif à la Bourse de New York, où de nouveaux records ont été franchis.

La place parisienne a bénéficié d'un «mouvement de rachat dans un contexte où les banques centrales, dont la BCE, délivrent un message que les marchés veulent entendre», estime Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Le marché profite d'un côté de la BCE, qui «maintient le cap» d'une politique accommodante, et de l'autre d'un rapport mensuel sur l'emploi américain meilleur que prévu, qui rend plausible le «scénario d'un rebond de l'activité aux Etats-Unis», confirme de son côté Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

La BCE a laissé inchangé son principal taux directeur à 0,15%, son niveau le plus bas historique auquel il avait été porté le mois dernier. Les opérateurs ont été rassurés par les propos de son président sur le maintien d'une politique accommodante, jusqu'à présent favorable aux marchés financiers.

Les opérateurs ont par ailleurs pris connaissance d'un rapport mensuel sur l'emploi américain meilleur que prévu. Le taux de chômage aux Etats-Unis a connu un déclin surprise en juin tandis que les créations d'emplois se sont nettement accélérées, selon le département du Travail.

«La solidité évidente du marché du travail en juin est l'une des raisons majeures pour lesquelles nous pensons que la Fed (banque centrale américaine, ndlr) sera poussée à relever ses taux d'intérêts plus tôt qu'attendu», indique d'ailleurs Capital Economics dans une note.

Cette perspective est envisagée avec circonspection par les marchés financiers, qui bénéficient toujours d'une politique accommodante de la Fed, reposant sur des rachats d'actifs massifs et le maintien des taux à un niveau très bas.

Pour l'heure, l'activité dans les services aux Etats-Unis a ralenti en juin, contrairement aux attentes du marché, selon l'ISM, et les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont légèrement augmenté, cette fois conformément aux attentes des analystes.

Du côté des valeurs, le marché a été largement soutenu en fin de séance par le secteur bancaire: Société Générale a gagné 2,43% à 40,18 euros, Crédit Agricole 1,37% à 10,70 euros et BNP Paribas, un peu plus à la traîne, 0,47% à 51,25 euros.

Le secteur des télécoms s'est repris après une séance difficile la veille, Bouygues terminant en hausse de 1,88% à 30,31 euros, Iliad 1,43% à 219,7 euros et Orange 1,41% à 11,54 euros.

Les valeurs cycliques se sont également bien tenues, à l'image de Lafarge (+2,60% à 66,18 euros), Saint-Gobain (+2,06% à 42,38 euros) et Schneider Electric (+2,10% à 69,43 euros).

Ingenico a bondi de 9,67% à 71,59 euros, portée par l'annonce de son entrée en négociations exclusives avec GlobalCollect en vue de son rachat.

JCDecaux a été soutenu (+2% à 28,1 euros) par le renouvellement pour 15 ans de son contrat portant sur les abris et les espaces publicitaires des bus et tramways de Cologne (Allemagne).

Coface a terminé dans le vert (+0,52% à 11,50 euros) après que Natixis (+3,43% à 5,06 euros) a annoncé avoir finalement cédé 58,65% de sa filiale, dans le cadre de l'introduction en Bourse de l'assureur-crédit, et récupéré en échange environ 957 millions d'euros.

Sodexo a gagné 1,03% à 79,4 euros, soutenu par le relèvement de sa recommandation à «neutre» contre «sousperformer» par la banque Barclays.

Viadeo a rebondi de 3,52% à 14,7 euros, retrouvant des couleurs après des premiers pas difficiles la veille, qui avait vu la valeur clôturer sur un recul de près de 17%.

Euronext (CAC 40)