Taxe de séjour pour les hôtels: «Nous demandons le retrait des deux dispositions»

TOURISME Les députés ont voté mercredi dernier l’augmentation de la taxe de séjour pour les hôtels. Mécontents, les professionnels du secteur ne relâchent pas la pression…

Romain Lescurieux

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Deux femmes de chambre refont un lit dans un hôtel
Deux femmes de chambre refont un lit dans un hôtel — Franck Fife AFP

Mercredi dernier, l’Assemblée nationale a voté une augmentation de la taxe de séjour, provoquant la colère du secteur hôtelier. Pour les hôtels 3 étoiles, la taxe passerait de 1 à 5 euros, et de 1,50 à 8 euros pour les 4 et 5 étoiles. Sont concernés, les hôtels, les chambres d’hôtes et les campings.

Mais ce n’est pas tout. L’Assemblée a également voté la création d’une taxe de séjour spécifique à l’Ile-de-France de 2 euros par nuitée destinée à financer les transports en commun. Instituée à partir du 1er septembre, elle permettrait de dégager 140 millions d’euros par an pour financer les transports en Ile-de-France. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius -en charge du tourisme depuis le dernier remaniement- s’est exprimé ce dimanche sur le sujet en faveur des hôteliers.

«Ils affaiblissent une fois de plus un secteur et le pouvoir d’achat des Français»

Le ministre a jugé «impératif de renoncer» à l’augmentation des taxes de séjour votée en première lecture à l’Assemblée nationale, car elle est «totalement contraire à la promotion du tourisme», a-t-il indiqué. Il y va de «la promotion du tourisme qui est une priorité pour l’emploi et de l’équilibre extérieur de la France». Les professionnels du secteur saluent les déclarations du ministre mais demandent «le retrait pur et simple des deux dispositions».

«Il y a onze jours, aux assises du tourisme, nous étions satisfaits des travaux mais ce vote a été comme un coup derrière la tête», s’insurge Roland Heguy -président confédéral de l’Union des métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih)- qui sortait ce lundi du cabinet du Premier ministre, Manuel Valls, pour exprimer son «mécontentement». «Il s’agit d’une augmentation de plus de 500% de la taxe de séjour pour les hôteliers. Désormais, soit ils retirent ces mesures soit nous entrons en rupture totale avec les pouvoirs publics», ajoute-t-il.

Selon le syndicat, la taxe de séjour a rapporté en 2011, 213 millions d’euros. Avec l’instauration de l’augmentation, l’Etat gagnerait ainsi entre 600 millions et un milliard d’euros. Mais pour Roland Heguy, ce n’est acceptable: «Ils affaiblissent une fois de plus un secteur et le pouvoir d’achat des Français.»