Lessive en dosettes: Attention aux accidents chez les enfants

SANTE La Direction générale de la Santé (DSG) a lancé une mise en garde officielle ce mardi...

C.P. avec AFP

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Au Etats-Unis des associations de consommateur ont déjà dénoncé le risque de confusion entre les dosettes de lessive liquide et des bonbons chez les enfants en bas âge.
Au Etats-Unis des associations de consommateur ont déjà dénoncé le risque de confusion entre les dosettes de lessive liquide et des bonbons chez les enfants en bas âge. — MCT/SIPAUSA/SIPA

Malléables, colorées, pratiques… mais tellement dangereuses. Les nouvelles dosettes hydrosolubles de lessive liquide qui ont inondé le marché français ces dernières années sont dans le collimateur des autorités sanitaires.

Vomissement et brûlures

Selon un rapport présenté ce mardi par la Direction générale de la Santé (DGS), les centres antipoison et de toxicovigilance signalent une forte hausse des accidents liés à ces nouveaux conditionnements chez les enfants en bas âge, avec plus de 7.500 expositions accidentelles au liquide de lessive entre 2005 et 2012, dont 104 «graves». C’est deux fois plus que pour des lessives liquides classiques

«L’exposition était essentiellement orale, oculaire ou cutanée, souvent multiple». Les symptômes sont «digestifs (vomissements, irritation, lésions des muqueuses), oculaires (conjonctivites, atteintes de la cornée), respiratoires (toux, difficultés respiratoires, infections) et cutanés (irritation, brûlures)», précise les services du ministère de la Santé. Et les enfants de moins de cinq ans sont majoritairement touchés (92 % des cas). Parmi eux, 7 % étaient âgés de moins d’un an.

Outre la couleur et le format très attrayant pour les tout-petits, la dangerosité de ces nouvelles dosettes tient à la finesse de l’enveloppe de la capsule, conçue pour se rompre au contact de l’eau, et qui se casse aussi à celui de la salive, dès que l’enfant la porte à la bouche. Mais aussi à la très forte concentration du liquide, très agressif pour la peau et les muqueuses, voire corrosif en cas de contact prolongé, avec des cas de brûlures au second degré.

Appeler le centre antipoison

Face à un risque déjà constaté de longue date aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, les industriels ont pris d’importantes mesures de sécurité: fermeture à double-clic, pochette plastique zippée, consignes et avertissements clairs pour les parents et les enfants sur la boîte. Mais elles ne semblent pas suffire.

En cas de contact avec le liquide sur la peau, la DGS conseille de «rincer immédiatement et abondamment pendant une dizaine de minutes», après déshabillage de l’enfant si nécessaire. Si le liquide est dans la bouche, il faut «bien la nettoyer avec un gant de toilette ou un linge propre humide pour retirer le maximum de produit. Eviter les boissons durant deux heures mais donner à manger une compote, une crème dessert, du pain ou des gâteaux pour absorber le produit et tapisser la muqueuse digestive».

Si le produit est projeté dans l’œil, le «laver sous un filet d’eau, si possible tiède, y compris sous les paupières durant une dizaine de minutes (l’eau du robinet convient très bien)».

Dans tous les cas, il faut impérativement appeler ou faire appeler un centre antipoison pour avoir un avis médical adapté à la situation. En cas de difficultés respiratoires, appeler sans délai le 15.