BNP: Un haut dirigeant visé par Washington va quitter son poste

BANQUE Après Georges Chodron de Courcel, la banque française, dans le viseur des autorités américaines pour avoir enfreint des embargos, pourrait se séparer d’une douzaine d’autres employés…

20 Minutes avec AFP

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La banque française BNP Paribas est accusée d'avoir violé l'embargo imposé à l'Iran dans les années 2000.
La banque française BNP Paribas est accusée d'avoir violé l'embargo imposé à l'Iran dans les années 2000. — Don Emmert AFP

Un haut dirigeant de BNP Paribas, Georges Chodron de Courcel, dont les Etats-Unis réclamaient la tête, va quitter son poste le 30 juin, a annoncé ce jeudi la banque, en se refusant à faire le lien avec cette demande.

Début juin, des sources concordantes avaient indiqué que l'établissement était sur le point de se séparer de Georges Chodron de Courcel pour tenter d'apaiser les autorités américaines.

BNP sous la menace d’une forte amende

BNP Paribas est sous la menace d'une forte amende et d'une suspension de ses activités aux Etats-Unis, où elle est accusée d'avoir enfreint un embargo américain en réalisant des opérations en dollars avec des pays comme l'Iran ou le Soudan.

«Georges Chodron de Courcel sera à sa demande déchargé dès le 30 juin de sa fonction de directeur général délégué de BNP Paribas», indique dans un communiqué le groupe bancaire.

Âgé de 64 ans, M. Chodron de Courcel, cousin de Bernadette Chirac, prendra sa retraite trois mois plus tard après 42 années passées à la BNP, précise par ailleurs la banque française.

Son départ constituerait donc l'une des premières grandes concessions que BNP Paribas accepte de faire dans ses négociations avec les autorités américaines. BNP Paribas risque une amende record, qui pourrait avoisiner les 10 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros) selon la presse américaine.

BNP Paribas pourrait se séparer d’une douzaine d’employés

Selon le Wall Street Journal, les autorités américaines auraient obtenu de BNP Paribas la tête d'un autre de ses responsables, celle de Vivien Lévy-Garboua, ancien responsable du contrôle interne de l'établissement en Amérique du Nord et aujourd'hui conseiller de sa direction.

Au total, BNP Paribas serait prête à se séparer d'au moins une douzaine d'employés pour apaiser les autorités américaines, ajoute le quotidien économique, qui cite des personnes proches du dossier.

Vétéran de la banque, qu'il avait rejoint en 1980, Vivien Lévy-Garboua était chargé de faire respecter la réglementation bancaire en Amérique du nord de 2005 à 2008, période couverte par l'enquête des autorités américaines.