La Bourse de Paris met tous ses espoirs dans la réunion de la BCE

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Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris — Ludovic Marin AFP

La Bourse de Paris place beaucoup d'espoirs dans la réunion de la BCE la semaine prochaine, ce qui maintient la place à ses plus hauts niveaux annuels, avec le risque que ces attentes soient déçues le jour J.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a engrangé 0,59% pour terminer vendredi à 4.519,57 points. Ses gains depuis le 1er janvier s'élèvent à 5,21%.

«La réunion de la Banque centrale européenne jeudi est l'événement central de la semaine. Les membres de l'institution ont piloté un consensus d'attentes très fortes notamment au cours du Forum qui s'est tenu au Portugal, avec des déclarations de plus en plus claires. Ils décevraient vraiment s'ils ne faisaient rien maintenant», estime Jean-Louis Mourier, un économiste du courtier Aurel BGC.

Les espoirs de voir l'institution monétaire prendre des mesures de soutien, ranimés après des mois d'attentes par son président Mario Draghi lors de la précédente réunion, ont en effet été largement entretenus cette semaine par les déclarations de ses responsables, réunis pendant trois jours à Sintra au Portugal.

Les banquiers centraux européens n'ont eu de cesse de répéter leur détermination à contrer le ralentissement de l'inflation, tout en restant évasifs sur l'arsenal à déployer.

«Les attentes sont maintenant très élevées compte tenu des dernières statistiques d'inflation et après un PIB en zone euro moins bon que prévu au premier trimestre», souligne aussi Olivier Raingeard, chef économiste de la Banque Neuflize OBC.

Le marché a «un peu oublié qu'initialement Mario Draghi avait conditionné son action aux chiffres d'inflation» car «un certain nombre de commentaires des membres de la BCE ont laissé penser que la probabilité de voir l'institution prendre des mesures était très forte», ajoute-t-il.

Selon lui, «comme la BCE avait conditionné son action du mois de juin à ses nouvelles projections d'inflation, les chiffres» du mois de mai qui seront publiés mardi pour la zone euro pourraient «raviver la volatilité».

«Le risque sur ces statistiques serait que les prix se redressent trop fortement, ce qui génèrerait beaucoup de spéculations autour d'une action finalement plus limitée de la BCE», relève aussi M. Mourier.

«Cette réunion a tellement nourri les anticipations, que la réaction immédiate des marchés ne sera pas forcément positive», complète-t-il.

«Le risque d'une déception est possible», analyse également M. Raingeard, mais «si déception il y a, elle ne sera sans doute que passagère», car de façon globale, «les marchés actions devraient rester constructifs au cours des semaines à venir, même s'il peut y avoir une correction jeudi».

-Semaine prochaine : agenda chargé-

Outre la réunion tant attendue de la BCE jeudi, l'agenda de la semaine à venir est aussi chargé en publications qu'avait été léger celui de la semaine écoulée. S'y ajoute en plus un sommet du G7 mercredi et jeudi à Bruxelles.

Les indicateurs de premier plan sont légion, à commencer par l'autre morceau de choix de la semaine: le rapport mensuel sur l'emploi américain en mai attendu vendredi.

«Il va également y avoir des statistiques qui devraient corroborer l'amélioration de la conjoncture mondiale», en particulier les chiffres de l'emploi américain «qui devraient montrer la poursuite du redressement», observe M. Raingeard.

«L'emploi américain, toujours regardé de près par les banques centrales, est l'autre gros morceau de la semaine», note M. Mourier, qui retient également les indices ISM d'activités manufacturière et dans les services aux Etats-Unis, ainsi que l'indice PMI de la production manufacturière en Chine en avril calculé par HSBC.

Les premiers jours de la semaine devraient en tous cas ressembler à ceux de celle écoulée.

Celle-ci a «été marquée par les records de plusieurs indices, alors que les volumes d’échange ont été fortement étriqués et que les investisseurs sont dans l’expectative des annonces importantes» de la semaine prochaine, résume les analystes de Saxo Banque.

Dans un marché dépeuplé du fait du pont de l'Ascension et dépourvu d'indicateurs clés, le CAC 40 a quand même réussi à améliorer plusieurs jours de suite son record annuel en clôture, désormais à 4.531,63 et s'est installé doucement mais sûrement au-dessus du seuil symbolique de 4.500 points.