Hédiard: deux offres crédibles pour la reprise

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Magasin de la société Hediard, avenue Georges V à Paris, spécialisée dans l'épicerie fine, le 17 décembre 1999
Magasin de la société Hediard, avenue Georges V à Paris, spécialisée dans l'épicerie fine, le 17 décembre 1999 — Jean-Pierre Muller AFP

L'épicerie de luxe Hédiard, en redressement judiciaire depuis septembre dernier, se dirige vers un plan de cession, avec a priori deux repreneurs crédibles avant une audience au tribunal de commerce de Paris prévue le 4 juin.

Une offre, déposée par le fonds d'investissement helvète Ledunfly de la milliardaire suisse Dona Bertarelli, prévoit d'investir 15 millions d’euros sur 3 ans tout en conservant l'ensemble des 134 salariés, a indiqué mercredi à l'AFP une source proche du dossier.

Selon cette même source, Mme Bertarelli souhaiterait notamment «refaire d'Hédiard l'épicerie de référence» en s'appuyant sur son expertise sur les produits, réactiver le restaurant situé place de la Madeleine, fermé l'an dernier, et en ouvrir un second à Lyon.

Pour ce faire, celle qui est notamment propriétaire du Grand hôtel de Gstaad a fait appel à Diane Deblyck, ancienne directrice générale d'Hédiard entre 2001 et 2003 et spécialisée dans le retournement d'entreprises.

L'autre offre globale émane du groupe autrichien de restauration Do & Co, coté en Bourse et présent dans l'hôtellerie, l’événementiel, le ferroviaire et l'aérien.

Do & Co offrirait 16 millions d'euros dont 10 consacrés au paiement d'une grande partie des dettes d'Hédiard mais ne reprendrait que 100 salariés, six millions d'euros étant consacrés à des travaux dans la boutique historique de la Madeleine.

Le groupe serait apparemment intéressé par l'aura de la marque d'épicerie fine fondée en 1854, qui lui donnerait de sérieux atouts pour être choisi dans le cadre de l'appel d'offres «hospitality and catering» (traiteur, ndlr) pour l'Euro 2016, Do & Co ayant remporté celui de la précédente édition.

Fin septembre, Hédiard, en dépôt de bilan, avait été placée en redressement judiciaire pour quatre mois, jusqu'au 24 février, afin que le célèbre épicier de luxe trouve un repreneur pour succéder à l'actionnaire russe milliardaire Sergueï Pougatchev.

Le tribunal de commerce de Paris a accepté en février de prolonger la période d'observation jusqu'au 24 juin, afin de trouver un repreneur, et un plan social a été rejeté entretemps.

«A ce jour, l'actionnaire Pougatchev n'a pas présenté de plan de continuation», a expliqué à l'AFP une autre source proche du dossier, confirmant par ailleurs la tenue de l'audience mercredi 4 juin devant le tribunal de commerce de Paris à 14H30 afin d'examiner les offres déposées.

Parmi celles-ci se trouve le groupe breton Le Duff (numéro 2 mondial du café-boulangerie qui possède Brioche Dorée et Del Arte), a précisé cette même source, ajoutant que les deux offres de Ledunfly et Do & Co «sont sur le dessus du panier».

L'un des concurrents traditionnels d'Hédiard, Dalloyau, ne s'est lui positionné que sur la reprise de la boutique du centre commercial Parly 2, dans les Yvelines.

Les potentiels repreneurs ont jusqu'à vendredi minuit pour éventuellement améliorer leurs propositions sur les trois points que va examiner le tribunal de commerce: la continuité, l'emploi et les créances.