Publicis: les actionnaires entérinent le salaire de 4,5 M EUR de Maurice Lévy

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Le patron de Publicis, Maurice Lévy, en janvier 2014, lors d'un Salon à Las Vegas
Le patron de Publicis, Maurice Lévy, en janvier 2014, lors d'un Salon à Las Vegas — Ethan Miller Getty

Les actionnaires du groupe Publicis ont approuvé mercredi à 67% le mécanisme fixant la rémunération annuelle brute du président du directoire Maurice Lévy à 4,5 millions d'euros au titre de 2013, ce qui le place au 9e rang des dirigeants du CAC 40.

M. Lévy avait touché une rémunération de 4,8 millions d'euros au titre de 2012.

Depuis 2012, le salaire de Maurice Lévy est entièrement variable et «se base sur la performance et le niveau d'atteinte d'objectifs qualitatifs et quantitatifs, liés aux résultats de la société», notamment au regard des performances des groupes publicitaires concurrents. La rémunération de M. Lévy est cependant plafonnée à 5 millions d'euros.

Le comité de rémunération de Publicis a indiqué avoir fixé à 4,5 millions d'euros la rémunération à verser à Maurice Lévy au titre de 2013, a indiqué son président Amaury de Sèze lors de l'assemblée générale des actionnaires.

«Cette rémunération s'établit au 9e rang du CAC 40», a déclaré M. de Sèze.

Consultés sur les «éléments de la rémunération» de M. Lévy, les actionnaires ont approuvé à 67,7% le versement de cette rémunération, et voté contre à 32,1%.

Ils avaient été 78,8% à voter en faveur du «mécanisme» de sa rémunération l'an dernier.

Début mai, Publicis et son concurrent Omnicom qui menaient depuis 10 mois des négociations en vue de fusionner pour former le numéro 1 mondial de la publicité, ont annoncé l'échec de l'opération.

En 2012, une polémique avait éclaté après le versement à Maurice Lévy de 16 millions d'euros de rémunération différée (en plus de sa rémunération régulière), un montant qui correspondait à une part prélevée de sa rémunération depuis 2003 et dont le paiement avait été différé à titre de rétention, avait alors expliqué la direction.

Elisabeth Badinter, présidente du conseil de surveillance et fille du fondateur du groupe Marcel Bleustein-Blanchet, percevra pour sa part une rémunération fixe de 240.000 euros par an.

L'assemblée générale a également approuvé le versement d'un dividende de 1,10 euro par action (+22% sur un an).

A l'extérieur du siège, plusieurs dizaines de salariés se sont rassemblés à l'appel de la CGT pour dénoncer «les rémunérations indécentes des dirigeants et actionnaires» de Publicis et réclamer des augmentations pour les personnels, a constaté l'AFP.

Maurice Lévy est également revenu lors de l'AG sur le «rêve brisé» de la fusion ratée avec Omnicom, évoquant «les obstacles administratifs et les délais beaucoup trop longs» ainsi que des «différences fondamentales qui se sont creusées. Nous risquions de voir cette belle future entreprise ressembler à une fusion très inégale, et le modèle de Pubicis très dilué».

Mais «cette belle opportunité n'a jamais été une nécessité. Publicis est un groupe extrêmement puissant, numéro 1 mondial du numérique et avec la meilleure rentabilité du secteur. Nous voulons creuser l'écart. Nous finaliserons pour septembre un nouveau plan où nous allons accélérer nos ambitions, concernant notamment nos objectifs dans le numérique», a indiqué M. Lévy.

Au titre de l'exercice 2014, il a rappelé que Publicis a «une ambition de croissance organique à un peu plus de 4%».

Il a prévenu que l'effet de base serait défavorable au deuxième trimestre, mais que le deuxième semestre serait «bien meilleur et en plus forte croissance».

Interrogé sur sa succession, M. Lévy a souligné que «toute chose doit avoir une fin, il est normal qu'à un moment donné je tire ma révérence. Sur mon acte de naissance figure l'année 1942, et comme vous le voyez je suis un peu décrépi et fatigué», a-t-il ironisé.

«La fusion aurait pu régler une partie de la succession, nous avions des travaux très engagés et des solutions se dessinaient. Il appartient maintenant au comité de surveillance de reprendre ces travaux, à l'automne, et dans le courant de l'année prochaine il reviendra avec la bonne solution», a-t-il ajouté.

Maurice Lévy doit rester aux commandes de Publicis jusqu'à la fin de son mandat, en décembre 2015.