Ascométal vise un retour à l'équilibre «dans 18 mois», selon son repreneur

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Le repreneur d'Ascométal, Frank Supplisson, lors d'une visite du site d'Hagondange, en Moselle, le 28 mai 2014
Le repreneur d'Ascométal, Frank Supplisson, lors d'une visite du site d'Hagondange, en Moselle, le 28 mai 2014 — Jean-Christophe Verhaegen AFP

Tous les sites du fabricant français d'aciers spéciaux Ascométal devront revenir à l'équilibre «dans 18 mois», a déclaré mercredi son repreneur Frank Supplisson, en visite sur le site de Hagondange (Moselle), futur siège du groupe.

L'offre de reprise de M. Supplisson, un haut-fonctionnaire associé à des investisseurs français et européens, a été finalement retenue jeudi dernier par la justice, au bout d'un match serré avec le brésilien Gerdau notamment. Elle prévoit de conserver les six sites du groupe en France, ainsi que la quasi totalité des emplois (1.820 sur 1.900).

A Hagondange, M. Supplisson a tenu à rassurer sur la solidité de son projet. «Cette offre française n'a pas été sélectionnée sur la base d'une photocopie du passeport (...), ce n'est pas une décision de patriotisme économique», a-t-il assuré. «C'est la décision de retenir la meilleure offre au plan social, industriel et financier».

Le président de la holding Asco Industries a regretté «une sorte de défaitisme ambiant» dans l'Hexagone, où les investisseurs français sont confrontés selon lui à «un problème de crédibilité».

Pour redresser Ascométal, M. Supplisson prévoit de «30 à 35 millions d'euros» d'investissement par an pendant 4 ans, soit environ 130 millions d'euros au total, et veut faire de Hagondange un «pivot» du groupe, en y installant le siège social et la direction générale, et en y développant le centre de recherche existant.

Son projet s'appuie sur 230,5 millions d'euros de financement, dont 55,5 millions d'euros de capital social apportés par les actionnaires, majoritairement français (52%), lesquels auront 8 sièges sur 15 au conseil d'administration, a-t-il détaillé.

Parmi les actionnaires étrangers figure le suédois Ovako (8% du capital), un groupe «concurrent» mais également «complémentaire» d'Ascométal, a insisté M. Supplisson.

Deux fonds d'investissement industriel anglo-saxons, DK et Warwick, possèderont chacun 20% du capital. Mais ils auront «un pouvoir très limité sur l'avenir de l'entreprise» et s'inscrivent dans un engagement de long terme, a-t-il assuré.

«L'innovation est au coeur de notre stratégie de développement» a ajouté Jacques Schaffnit, le directeur général d'Ascométal, qui a soutenu l'offre de M. Supplisson, lequel l'a maintenu à son poste.

M. Schaffnit a évoqué des perspectives de partenariats de recherche avec la région Lorraine, qui a elle aussi soutenu l'offre de M. Supplisson à hauteur de 3 millions d'euros. Un autre avantage du site mosellan est sa proximité avec l'Allemagne, où sont implantés d'importants clients d'Ascométal, comme le constructeur automobile Daimler ou le spécialiste des roulements à billes Schaeffler.

«Je crois dans Ascométal», a déclaré pour sa part Guy Dollé, l'ancien président d'Arcelor, futur président du conseil de surveillance du groupe. «Nous avons les outils et les hommes» pour «revedenir le leader européen des aciers spéciaux», a-t-il ajouté. Cependant «le travail va être dur, car les concurrents ne nous ont pas attendu», a-t-il reconnu.

Plombé par une dette de 360 millions d'euros, Ascométal avait été placé en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec des négociations engagées entre son actionnaire, le fonds américain Apollo, et ses créanciers, deux banques américaines.