Télécoms: bond des abonnements mais baisse des revenus en 2013

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Des téléphones portables
Des téléphones portables — Philippe Huguen AFP

Envolée du trafic de données sur les réseaux mobiles, forte croissance des abonnements mais baisse des revenus par opérateur: le bilan de l'observatoire des marchés de communications électroniques en 2013, publié mercredi par l'Arcep illustre la mutation du secteur des télécoms, qui s'accompagne d'investissements élevés.

Le revenu des opérateurs sur les marchés de gros et de détail a plongé de 6,4% à périmètre constant, à 46,6 milliards d'euros hors taxes en 2013, tiré par la baisse de 7,7% du marché de détail sur un an. Le marché de détail est très important puisqu'il représente 38 milliards d’euros en 2013, dont 35,1 milliards pour les services de communications électroniques.

Pourtant, le nombre d'abonnements aux services mobiles et fixes continue de s’accroitre rapidement, de 5% pour le mobile et de 4% pour le haut et le très haut débit fixe.

Le volume de l'ensemble du trafic téléphonique fixe et mobile a augmenté de 2,8% en 2013 par rapport à 2012, représentant au total 240 milliards de minutes. Une croissance due à la progression de la voix sur les réseaux mobiles avec 18 milliards de minutes supplémentaires en 2013 au détriment du trafic vocal sur les téléphones fixes qui a chuté de 10,0% sur un an.

La consommation de données sur les réseaux mobiles explose avec une croissance de 10 milliards du nombre de SMS envoyés et une progression de 63% du volume de données consommées au départ des mobiles par rapport à 2012.

La consommation de données sur les réseaux fixes continue de croître et s'avère pour l'instant encore supérieure à celle du mobile.

Parallèlement le montant des investissements réalisé par les opérateurs reste très élevé: 7,2 milliards d'euros l'an dernier, soit 1,5% de l'investissement global national (ou formation brute de capital fixe, FBCF).

Hors montant consacré par les opérateurs aux achats de licences (2,6 milliards d’euros en 2012), le niveau des investissements se maintient depuis trois ans à un niveau supérieur à 7 milliards d’euros, souligne l'Arcep.

L’activité mobile représente environ le tiers des flux d'investissements des opérateurs. La part des investissements dans le haut et très haut débit mobile (3G et 4G) est estimée à environ 1,7 milliard d’euros en 2013.

Sur le front de l'emploi, le bilan est contrasté: le nombre de salariés des opérateurs a reculé de 3,3% sur un an, soit une baisse d'environ 4.000 emplois en 2013. Le nombre d'emplois directs des opérateurs était de 125.000 personnes à la fin de l’année 2013.

Après environ dix ans de baisse continue, le niveau d’emploi des opérateurs s’était globalement amélioré les trois dernières années (2010, 2011 et 2012), mais a chuté l'année dernière.

Selon l'Arcep, «une partie de la baisse est due au transfert, au sein des groupes télécoms, d’activités exercées auparavant par les opérateurs eux-mêmes, vers leurs filiales mais aussi vers des prestataires externes».

Pour les cinq principaux groupes (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et Numericable) la baisse est de 3.300 personnes entre 2012 et 2013. Elle s’explique pour l’essentiel par celle des effectifs d’Orange. En raison de sa pyramide des ages, la direction de l'opérateur historique prévoit 30.000 départs à la retraite, non remplacés, d'ici 2020. Les hausses et les baisses d’effectifs des autres opérateurs s'équilibrent.