Elior valorisé jusqu'à 2,75 milliards euros pour son retour en Bourse

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Le patron d'Elior, Gilles Petit, le 16 avril 2014 à Paris
Le patron d'Elior, Gilles Petit, le 16 avril 2014 à Paris — Eric Piermont AFP

Huit ans après son retrait de la cote, le groupe français de restauration collective Elior va faire son retour en Bourse, en vendant ses actions entre 14,35 euros et 17,50 euros, un prix le valorisant jusqu'à 2,75 milliards d'euros en cas de bon accueil du marché.

L'introduction en bourse d'Elior est une des plus attendues de l'année en France.

Cette opération lui permettra de lever au minimum 845 millions d'euros, dont 785 millions par émission d'actions nouvelles et 60 millions par vente de titres par plusieurs actionnaires actuels (Charterhouse, Chequers, Intermediate Capital et Sophia Global Investment).

L'opération a «pour objectif principal de permettre au groupe de réduire son endettement afin d'accroître sa flexibilité financière et de soutenir sa stratégie de développement et de croissance», a indiqué Gilles Petit, directeur général d'Elior, lors d'une présentation à la presse.

BIM, la holding du cofondateur du groupe, Robert Zolade, veut de son côté rester un actionnaire de référence avec une participation d'environ 20% du capital post-cotation, contre 24,75% actuellement.

La participation de Charterhouse et ses entités atteint actuellement 62,4% et celle de Chequers 7,85%.

Elior risque de se retrouver en concurrence avec d'autres opérations boursières de gros calibre, comme celles d'Euronext (services boursiers) ou d'Atos Worldline (services de paiement), qui devraient faire leurs premiers pas en bourse avant la fin de l'été.

La capitalisation boursière d'Elior se situera dans une fourchette comprise entre 2,4 et 2,75 milliards d'euros, avec une part de 35% à 40% du capital cotée sur le marché Euronext Paris.

M. Petit a précisé qu'il s'agissait d'une «très grosse capitalisation boursière, la plus importante opération boursière en France» de l'année, a-t-il insisté.

- Réduire l'endettement -

«Ce que perçoit le marché, c'est que l'histoire d'Elior est une histoire de croissance rentable. Nous sommes passés d'une entreprise française à une entreprise mondiale qui enregistre un chiffre d'affaires de 5,017 milliards», s'est félicité le dirigeant.

Le groupe, créé en 1991, réalise les deux tiers de son chiffre d'affaires dans la restauration collective et le reste dans la restauration de concessions (autoroutes, aéroports, gares …).

L'opération se fera par le biais d'un placement global destiné principalement aux investisseurs institutionnels français et de certains pays étrangers et d'une offre au public en France, principalement destinée aux particuliers.

Ces offres se dérouleront du 28 mai au 9 juin, avec une cotation du titre sous forme de promesses de vente le 11 juin. Le règlement-livraison des titres interviendra le 13 juin et le début officiel des négociations sur le marché le 16 juin.

Cette opération a «pour objectif principal de permettre au groupe de réduire son endettement afin d'accroître sa flexibilité financière et de soutenir sa stratégie de développement et de croissance», a indiqué M. Petit.

Elle offrira également de la liquidité aux actionnaires cédants. Le statut d'Elior va évoluer de société en commandite par actions - qui aurait été très pénalisant pour son parcours boursier - en société anonyme dès le début des négociations des titres.

Le produit net des actions nouvelles (environ 745 millions) sera affecté à hauteur d'environ 615 millions d'euros au remboursement d'un contrat de crédit souscrit en 2006 et à hauteur de 131 millions d'euros au remboursement partiel d'obligations émises en avril 2013.

La dette nette du groupe s'élevait à 2,18 milliards d'euros à la clôture de son dernier exercice, le 30 septembre.

Elior s'est fixé pour objectif une croissance organique annuelle moyenne de son chiffre d'affaires d'environ 3,5% par an à taux de change constants de 2015 à 2017.

En incluant les acquisitions envisagées - grâce à une enveloppe d'environ 450 millions d'euros pour 2015-2017 -, notamment aux Etats-Unis, le groupe français table sur une croissance de son activité d'environ 7% en moyenne par an de 2015 à 2017 et sur une marge opérationnelle de 9% à l'horizon 2017.

Il prévoit également d'affecter chaque année jusqu'à l'exercice 2017 environ 40% de son bénéfice net part du groupe au versement du dividende.

Pour 2014, Elior prévoit une croissance du chiffre d'affaires supérieure à 6,5% sur un an, dont environ 4% de croissance organique. La marge opérationnelle devrait être stable, «autour de 8,4%».

Olivier Dubois, directeur finance et administration, a rappelé que le chiffre d'affaires «a crû de 10% en moyenne sur les cinq dernières années».

Elior est le troisième opérateur en Europe de restauration sous contrat et des services associés, derrière les géants Sodexo et Compass.

Leader de la restauration collective en France, en Italie et en Espagne, Elior sert 3,7 millions de repas par jour, compte 17.500 points de vente. Il emploie 105.000 employés dans 13 pays à travers l'Europe, l'Amérique du nord et l'Amérique Latine.