Allemagne: hausse inattendue du nombre de chômeurs en mai

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Une agence pour l'Emploi en Allemagne, à Wiesbaden, le 15 novembre 2012
Une agence pour l'Emploi en Allemagne, à Wiesbaden, le 15 novembre 2012 — Arne Dedert DPA

Le nombre de chômeurs a grimpé en mai de manière inattendue en Allemagne, selon des chiffres publiés mercredi, qui sont à la fois une conséquence tardive de l'hiver clément et le signe que l'économie ralentit le rythme.

Là où les analystes attendaient un nouveau recul, le nombre de chômeurs a augmenté de 24.000 sur un mois, selon les données corrigées des variations saisonnières fournies par l'Agence pour l'emploi. Le taux de chômage est lui resté stable à 6,7%, toujours en données CVS. En chiffres bruts, plus suivis dans le débat public allemand, le taux de chômage est descendu à 6,6% ce mois-ci, contre 6,8% le mois dernier.

«La reprise de printemps s'est affaiblie en mai», a commenté le président de l'Agence, Frank-Jürgen Weise, dans un communiqué. «C'est une conséquence décalée de l'hiver clément», a-t-il précisé, mais «globalement le marché du travail est en bonne posture».

Une analyse partagée par beaucoup de commentateurs. Pour Johannes Gareis de Natixis le marché du travail «a marqué une pause» ce mois-ci, «après avoir surpris à la hausse mois après mois depuis le début de l'année».

Les températures d'hiver anormalement douces avaient permis à certains secteurs saisonniers, comme le BTP, de maintenir un flux continu d'activité pendant les mois d'hiver, profitant au marché du travail. En avril aussi, le chômage avait nettement plus baissé qu'attendu, mais les chiffres de mai apparaissent comme un retour de bâton.

Ce n'est «pas très inquiétant» pour M. Gareis. «Le marché du travail reste sur une tendance de fond positive malgré la correction de mai», juge son confrère Christian Schulz, de Berenberg.

Le chômage en Allemagne affiche depuis des mois ses niveaux les plus bas depuis la Réunification (1990). Cela profite à la demande intérieure, qui a été au premier trimestre le seul moteur de la croissance du Produit intérieur brut (PIB).

Mais pour Johannes Mayr, économiste de BayernLB, «l'affaiblissement constaté ces derniers temps du moral des entrepreneurs», mesuré par exemple par le baromètre Ifo ressorti ce mois-ci en recul, «semble avoir laissé de légères traces sur le marché du travail».

Le nombre de postes vacants en Allemagne a d'ailleurs reculé de 3.000 sur un mois, selon les chiffres dévoilés mercredi, alors qu'il ne cessait de gonfler les mois précédents.

Tout ceci conforte le scénario, largement anticipé par les analystes, le gouvernement et la Bundesbank, d'une conjoncture moins dynamique au second trimestre qu'au premier, très vigoureux.