La fusion Alcatel-Lucent, «une machine à tuer les emplois»

INTERVIEW Alain Hurstel, de la CFDT, juge «scandaleuse» la suppression des 12.500 emplois annoncée vendredi...

Propos recueillis par Philippe Berry

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L'équipementier de télécommunications Alcatel-Lucent a annoncé vendredi la suppression de 12.500 emplois en trois ans (2007-2009), un chiffre supérieur aux 9.000 qu'il avait initialement prévus.
L'équipementier de télécommunications Alcatel-Lucent a annoncé vendredi la suppression de 12.500 emplois en trois ans (2007-2009), un chiffre supérieur aux 9.000 qu'il avait initialement prévus. — no credit
Alcatel-Lucent a annoncé vendredi la suppression de 12.500 emplois, au lieu des 9.000 prévus. «Scandaleux», selon Alain Hurstel, secrétaire du Comité de groupe européen CFDT du groupe.

12.500 suppressions d’emplois, c’est plus que les 9.000 prévus…
C’est scandaleux! Le groupe va supprimer 40% d’emplois en plus par rapport à ce qu’il avait annoncé. Nous avions émis des doutes dès février 2005, mais aujourd’hui, la direction est définitivement discréditée. Il y a quelques mois, tout était beau. Elle parlait mariage, complémentarité d’activités, synergies. Au final, la fusion s’est transformée en machine à tuer les emplois. Nous avons l’impression qu’on nous a caché des éléments sur la santé financière de Lucent, dont l’activité semble ralentir aux Etats-Unis.

Avez-vous des précisions sur la localisation des suppressions d’emplois?
Pas en détail. Tout devrait être connu la semaine prochaine lors des Comités centraux d'entreprises. Mais la direction a déjà dit qu’il n’y aurait pas de suppressions d’emplois dans les pays low-cost comme l’Inde ou la Chine. La Chine pose un vrai problème. Car en plus d’être des compétiteurs qui cassent les prix, nous leur transférons nos technologies.

Quelles actions sont prévues?
La mobilisation du 15 février, pour commencer. Tous les syndicats sont sur la même longueur d’onde, et nous réfléchissons à une action européenne. Du côté de Lucent, aux Etats-Unis, le syndicat n’a pas le droit de faire grève. Mais ils ont prévu des actions de solidarités dont la forme reste à préciser.