VIDEO. TER trop larges: L'affaire «consternante» qui irrite la classe politique et amuse les internautes

RÉACTIONS La boulette crée la polémique, amenant réactions politiques mais aussi moqueries sur les réseaux sociaux…

Bérénice Dubuc

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Le nouveau TER Regiolis présenté le 29 avril 2014 à Paris
Le nouveau TER Regiolis présenté le 29 avril 2014 à Paris — Francois Guillot AFP

C’est le «big fail du jour» et il fait jaser. Les nouveaux trains régionaux, plus larges que les précédents, vont nécessiter des travaux pour raboter 1.300 quais pour un coût de 50 millions d’euros, selon la SNCF et Réseau ferré de France (RFF). Une boulette qui créé la polémique, amenant réactions politiques, mais aussi moqueries sur les réseaux sociaux.

 

Le secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a ainsi critiqué ce mercredi matin cette situation «rocambolesque» et «comiquement dramatique». Il a annoncé avoir demandé à la SNCF et à RFF que soit menée une enquête interne pour pouvoir «identifier la façon dont les choses sont décidées». Selon lui, c’est la séparation des deux entités ferroviaires (RFF et la SNCF) qui est à l’origine de ce «dysfonctionnement», et le projet de réforme ferroviaire, qui prévoit de regrouper les deux entités en un grand groupe public, prend ainsi «tout son sens».

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Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a jugé cette affaire «assez consternante», estimant à son tour que cela «justifie d’autant plus la réforme ferroviaire qui est en préparation pour coordonner les actions et les choix entre celui qui gère les infrastructures (RFF) et ceux qui font l’exploitation des trains (la SNCF)».

Pour le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, l’affaire «est proprement hallucinante» et «la responsabilité des dirigeants est engagée». «Franchement, on ne comprendrait pas qu’ils restent tranquillement à regarder passer les trains», estimant que c’es aux dirigeants des deux entités concernées de se prononcer sur une éventuelle démission.

Les régions ne paieront pas

A la sortie du Conseil des ministres, Ségolène Royal, en charge de l’Ecologie, a pour sa part demandé que «toute la clarté» soit faite sur les «raisons pour lesquelles "des décisions aussi stupides ont été prises". Elle a aussi prévenu que «les régions ne paieront pas ces erreurs invraisemblables qui prouvent simplement qu’il y a des gens dans les bureaux parisiens qui sont beaucoup trop éloignés des réalités du territoire».

Le président (socialiste) de l’Association des régions de France, Alain Rousset, lui a emboîté le pas: «Nous refusons de verser un seul centime sur cette réparation», a-t-il réagi, estimant que c’est à RFF de payer la facture. Le président de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a lui aussi indiqué qu’il n’entendait pas payer les travaux d’adaptation. «Comme tous les présidents de régions, je suis en colère», écrit le socialiste dans un communiqué. La Région Rhône-Alpes, «comme toutes les Régions, n’entend pas payer les travaux d’adaptation des quais au matériel, ni de manière directe ni via les redevances qu’elles paient pour la circulation de leurs TER», a-t-il aussi averti.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a, elle, dénoncé un «gaspillage de l’argent public insupportable», qui est un «motif d’exaspération légitime pour les Français». Elle a également demandé une enquête «pour établir les responsabilités de cette faute grave», jugeant que «cette affaire témoigne de l’absence de pilotage stratégique des grands services publics dans notre pays, en particulier depuis les libéralisations exigées par l’Union européenne».

Sur Twitter, les réactions allaient bon train, non sans une pointe d’ironie.

La polémique fait aussi les gros titres des médias internationaux (ici, ici, et ), et a même eu les honneurs de la page d’accueil du site américain Reddit.