Emploi à domicile: Quelle réalité ?

TRAVAIL La Fédération des particuliers employeurs a publié ce mardi matin un rapport faisant état d’une destruction de 16.500 emplois…

R.L.

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Le chèque Emploi Service Universel permet de payer un ensemble de services a la personne.
Le chèque Emploi Service Universel permet de payer un ensemble de services a la personne. — SIPA PRESS

Selon un rapport de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), 16.500 emplois à domicile à temps plein ont été détruits en deux ans, de 2010 à 2012. «Il s’agit d’une décroissance concernant tous les emplois du secteur et qui ne cesse de s’accélérer», note Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fepem.

Des raisons «cumulatives»

Les raisons de cette dégradation sont «cumulatives», poursuit-elle. En effet, la suppression en 2010 d’une partie des avantages en matière de défiscalisation et la crise économique «a provoqué la disparition de 30 millions d’heures de travail déclarées», estime la fédération. Un emploi salarié à domicile coûte aujourd’hui 12 % de plus qu’en 2010.

Mais pour Stéphane Fustec, secrétaire de la fédération CGT commerce et services, la «précarité» du secteur y est également pour quelque chose. «Ces emplois ne sont toujours pas reconnus à leur juste valeur», lance-t-il.

«Davantage vus comme des petits boulots que des métiers»

«La profession est marquée par de nombreux temps partiel, avec un côté multi-employeur et une situation parfois proche de la domesticité», commente le syndicaliste. Ce secteur représentant deux millions de salariés condense une multitude d’emplois «davantage vus comme des petits boulots que des métiers», assure-t-il.

«Tout cela accélère cette situation de précarité extrême. Et cette précarité peut les pousser à ne pas déclarer des heures de travail», note-t-il. Pour lui, le second point qui pose problème, en termes de conditions de travail, est le chèque emploi-service. «Avec ce système les particuliers employeurs ont l’impression qu’ils peuvent passer outre un contrat de travail et les droits qui vont avec», s’exclame Stéphane Fustec.