Areva: La Cour des comptes étrille la présidence d’Anne Lauvergeon

ECONOMIE Un porte-parole de l'ex-dirigeante  conteste les critiques, estimant que sous sa présidence, «Areva est devenu le premier groupe nucléaire mondial»...

20 Minutes avec AFP

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Anne Lauvergeon, le 20 mars 2014.
Anne Lauvergeon, le 20 mars 2014. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La Cour des Comptes étrille les dérives d'Areva au temps de la direction d'Anne Lauvergeon, des déboires de l'EPR au rachat controversé d'Uramin en passant par sa rémunération, dans un prérapport qui n'engage pas la responsabilité de l'ex-dirigeante du géant nucléaire français, selon son entourage.

Les magistrats de la rue Cambon critiquent une «fuite en avant» d'Areva sous la présidence d'Anne Lauvergeon, remplacée mi-2011 à la tête du directoire par Luc Oursel, dans ce prérapport dont le quotidien Les Echos publie ce mardi des extraits.

«Très forte personnalité»

En termes de gouvernance, la Cour impute dans ce document «un certain nombre de difficultés du groupe (...) dans la période antérieure à 2012» à «la forte personnalité de la présidente du directoire» d'Areva, détenu directement et indirectement à 87% par l'Etat.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole d'Anne Lauvergeon a contesté ces critiques, comme l'avait déjà fait l'ex-dirigeante lors d'une audition par la Cour le 14 avril.

Sa présidence, de 2001 à 2011, «a permis de constituer un groupe totalement intégré dans un secteur stratégique pour la France», a fait valoir ce porte-parole. «Areva est devenu le premier groupe nucléaire mondial».

Uramin et la débâcle financière

La Cour des comptes, qui a de son côté déploré «des articles de presse prématurés» sur ce «rapport non définitif», pointe selon le journal économique des «zones obscures» dans le dossier de l'acquisition du groupe minier canadien Uramin en 2007, qui a tourné depuis à la débâcle financière.

Uramin, qui ambitionnait d'exploiter des gisements d'uranium dans plusieurs pays africains, avait été achetée à prix d'or (2,5 milliards de dollars environ soit 1,8 milliard d'euros).

Mais après le départ d’Anne Lauvergeon, évincée avec l'aval de l'Elysée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Areva avait divisé par cinq la valeur comptable de cette société et le groupe avait dû inscrire dans ses comptes de 2010 et 2011 des provisions d'un montant total de près de 1,9 milliard d'euros.

La hausse de la rémunération de Lauvergeon critiquée

Les sages de la rue Cambon critiquent aussi la hausse de la rémunération d'Anne Lauvergeon durant son deuxième mandat, «fondée pour une large part sur des taux de réussite faussement précis».

Ils se montrent aussi critiques sur la stratégie d'expansion du groupe nucléaire et son modèle «intégré» (c'est-à-dire allant de l'extraction d'uranium aux centrales) ainsi que sur la conduite de grands projets industriels, en particulier la construction du réacteur EPR d'Olkiluoto, en Finlande, qui a accumulé les retards et les dérapages financiers.