Les Français encore inquiets à l'idée d’acheter leurs médicaments en ligne

SANTE La loi le permet depuis 2013...

C.B. avec AFP

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Cachets et gélules de médicaments
Cachets et gélules de médicaments — Philippe Huguen AFP

La confiance n’est pas encore là. La vente en ligne de médicaments, autorisée en France depuis 2013, ne suscite pas l’engouement des consommateurs qui restent relativement méfiants face à cette formule.

D’après une étude réalisée par des étudiants en marketing de la santé de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC), publiée ce mardi, les ventes de pilules et autres cachets via Internet sont encore «limitées». Cette étude estime que «toutes les conditions ne sont pas réunies à l’heure actuelle pour assurer le succès de la vente en ligne de médicaments».

D’abord, parce que l’offre est limitée: à ce jour, seules 129 pharmacies sur les 20.000 recensées en France disposent d’un site de vente en ligne et un quart de ces sites ne fonctionnent pas.

Un manque d’informations

Ensuite, si les sites actifs sont censés être tenus par des pharmaciens inscrits à l’ordre national des pharmaciens, nombre d’entre eux ne sont pas «en adéquation avec la réglementation», avec en particulier plus de 70 % qui ne mettent pas à disposition des patients la notice des médicaments (selon un état des lieux réalisé en janvier).

Enfin, si les consommateurs ne franchissent pas le pas, c’est surtout parce qu’ils redoutent la possibilité de contrefaçon. Ils s’inquiètent aussi de l’absence de conseil et des délais de livraison jugés trop importants. Plus généralement, ils manquent également d’informations, puisque l’étude, qui intègre les résultats d’un sondage, démontre que 25 % des Français pensent, de manière erronée, que la vente en ligne de médicaments n’est pas légale.

«Pour être fonctionnel et rassurant, le site doit contenir trois informations essentielles: l’adresse postale de la pharmacie, le logo garantissant la validité du site et des informations sur le médicament», analyse l’étude. D’après un sondage Ifop paru en début d’année, seuls 4 % des Français auraient déjà acheté des médicaments en ligne, alors qu’en Allemagne, 7 % des achats de médicaments hors prescriptions se font via Internet.