Journée internationale des infirmières: Radiographie d’un métier qui recrute

EMPLOI  «20 Minutes» fait le point sur la profession d’infirmier hospitalier…

Nicolas Beunaiche

— 

Une infirmière l'hôpital européen Georges-Pompidou, le 2 novembre 2005.
Une infirmière l'hôpital européen Georges-Pompidou, le 2 novembre 2005. — MEIGNEUX/SIPA

Le métier d’infirmier est en pleine santé. Régulièrement cité parmi les professions les plus porteuses sur le marché du travail, il devrait favoriser la création de 95.000 nettes d’emplois d’ici la fin de la décennie, selon l’étude «Les métiers en 2020», publiée par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) en mars 2012. Mais est-il pour autant attractif? A l’occasion de la Journée internationale des infirmières, ce lundi, 20 Minutes passe aux rayons X l’activité des quelque 260.000 infirmiers de la fonction publique, le plus gros employeur du secteur.

Les conditions de travail sont difficiles. VRAI. Ouverts 24h sur 24, les hôpitaux sont logiquement tenus d’assurer un service permanent. Ce qui a des conséquences sur les horaires imposés aux infirmiers et infirmières, souvent contraints de travailler de nuit et le week-end ou de suivre des roulements exigeants, en particulier en début de carrière. «Etre infirmier, c’est aussi être confronté à la mort», rappelle enfin Valérie, qui a travaillé pendant près de 40 ans dans un hôpital public parisien. Pour autant, nuance-t-elle, «ce métier est passionnant, notamment quand on aime faire des rencontres et échanger. La plupart des patients sont très reconnaissants du travail que font les infirmiers, c'est gratifiant au final…» 

Les salaires sont peu élevés. VRAI. Dans la fonction publique hospitalière, les salaires s’échelonnent de 1.500 euros nets à 2.500 euros nets. Une fourchette dans la moyenne française, le salaire moyen dans l’Hexagone étant de 2.130 euros nets, selon l’Insee. C’est un peu plus que les infirmiers de la fonction publique territoriale (services pour personnes âgées ou handicapées, centres municipaux de santé…) ou de la fonction publique d’Etat (Education nationale, administrations…), mais c’est moins que les infirmiers libéraux. «On ne peut pas gagner plus de 2.500 euros, à moins de se spécialiser, regrette Valérie. C’est peu au regard des études qu’il faut faire [bac +3], de nos responsabilités et de nos conditions de travail.»

Les possibilités de progression sont nulles. FAUX. Avec une expérience professionnelle de quatre ans, un infirmier peut préparer le diplôme de cadre de santé. S’il l’obtient, il pourra alors occuper un poste d’encadrement ou de formateur dans un institut de formation en soins infirmiers (Ifsi). Il lui est aussi possible de se spécialiser afin de devenir anesthésiste ou encore panseur-instrumentiste (dans les blocs opératoires). Un choix payant sur le bulletin de salaires.