Trois ans de prison ferme pour le patron de Hyundai

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La justice sud-coréenne a condamné lundi le patron du premier constructeur automobile du pays et sixième mondial, Hyundai Motor, à trois ans de prison pour détournement de fonds et abus de confiance.
La justice sud-coréenne a condamné lundi le patron du premier constructeur automobile du pays et sixième mondial, Hyundai Motor, à trois ans de prison pour détournement de fonds et abus de confiance. — Yung Yeon-Je AFP
96 milliards de dollars. C’est la modique somme détournée par le patron du premier constructeur automobile sud-coréen et sixième mondial, Hyundai Motor. Chung Mong-koo, 68 ans, a été condamné ce lundi à trois ans de prison ferme pour avoir alimenté une abondante caisse noire destinée à corrompre de multiples responsables du pays.

Plusieurs cadres d'entreprises, ainsi que des banquiers, ont déjà été condamnés dans ce scandale retentissant qui a éclaboussé jusqu'à d'anciens responsables gouvernementaux. «Son comportement constitue clairement un crime au nom de la loi... le tribunal n'a d'autre choix que de l'en tenir sévèrement responsable», a déclaré le président du tribunal, Kim Dong-oh.

Le patron, à la tête d’Hyundai depuis 1999, est resté impassible à la lecture du verdict, quittant le tribunal sans faire de commentaire. Il reste libre dans l'attente d'une procédure d'appel. Un porte-parole de Hyundai a qualifié le jugement de «vraiment sévère». De nombreux observateurs s'attendaient à une peine avec sursis.

Six ans de prison ferme avaient été requis contre le numéro un du constructeur mais ses avocats avaient plaidé la clémence, argumentant que son incarcération pourrait menacer l'avenir d'un des fleurons de l'économie sud-coréenne. Le groupe représente en effet 5,4% du produit intérieur brut du pays et contrôle environ 70% du marché automobile national. Les problèmes judiciaires de son patron ont déjà retardé des projets d'expansion en Europe et aux Etats-Unis qu'avaient développés le groupe ainsi que de sa filiale Kia Motors Corp.