A Marseille, les salariés de Dia sont dans l’attente

SOCIAL La cité phocéenne compte une dizaine de magasins du groupe de distribution espagnole, qui a confirmé jeudi son intention de vendre ses activités en France.

A Marseille, Mickaël Penverne

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J. Saget / AFP

«On ne sait rien, pour l’instant. En tout cas, pas davantage que ce qu’on a pu lire dans les médias.» Ce jeudi matin, dans le magasin Dia de la rue Sainte, dans le centre-ville de Marseille (Bouches-du-Rhône), les employés, vêtus du polo rouge de l’enseigne, approvisionnent les rayons ou s’occupent de leur caisse, comme d’habitude. En attendant d’en savoir davantage sur la situation de leur entreprise. «Comme souvent, ce sont les premiers intéressés qui sont les derniers au courant», maugrée l’un d’entre eux en rangeant ses cartons.

La direction du groupe a annoncé jeudi avoir lancé la vente de toutes ses activités, et donc de tous ses magasins, en France. Le groupe est confronté à la perte de vitesse générale du hard-discount, qui, après avoir culminé à 15% de part de marché début 2009, ne cesse de reculer, concurrencé sur les prix bas par les acteurs traditionnels de la distribution. En 2013, les ventes de Dia ont plongé de près de 11%. «Nous n'avons pas su atteindre le public comme nous savons le faire dans d'autres pays, a expliqué une responsable du groupe à l’AFP. Nous n'avons pas su construire cette image qui pour nous est primordiale, c'est-à-dire la meilleure image en termes de prix comme nous l'avons en Espagne, au Portugal, en Argentine ou au Brésil.»

«On n’est plus trop dans le hard-discount»

«Il faut dire aussi qu’on n’est plus trop hard-discount, glisse une caissière du magasin du boulevard Cantini situé dans le 6e arrondissement. Il suffit de regarder les prix… » Comme dans la rue Sainte, le supermarché est concurrencé par une autre enseigne de hard-discount, située à quelques dizaines de mètres de là. «Le Dia, c’est bien, ça dépanne pour les petites bricoles notamment pour tout ce qui est alimentaire, témoigne une cliente. Pourtant, je préfère le Lidl à côté. En fait, c’est là-bas que je vais le plus souvent, parce qu’il y a plus de choix. C’est mieux approvisionné ».

Selon les syndicats, entre 200 et 250 magasins pourraient fermer. Le groupe Dia, qui est également implanté en Espagne, au Portugal, en Argentine, au Brésil et en Chine, a vu son bénéfice net augmenter de 9,7%, à 40,1 millions d'euros au premier trimestre 2014. Plusieurs noms circulent pour une potentielle reprise, notamment Carrefour et Casino.