Comment réconcilier les jeunes et les entreprises avec l’apprentissage?

EMPLOI François Hollande a rappelé ce mardi son intention de développer l’alternance…

Delphine Bancaud

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Un jeune en apprentissage dans une verrerie le 29 juin 2012 à Joinville-le-Pont
Un jeune en apprentissage dans une verrerie le 29 juin 2012 à Joinville-le-Pont — Kenzo Tribouillard AFP

Lors de sa visite ce mardi consacrée à la jeunesse et à l'apprentissage à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), François Hollande a confirmé son intention de développer l'apprentissage. Objectif: parvenir à 500.000 apprentis d’ici à 2017, contre moins de 400.000 actuellement. Une gageure car en 2013, le nombre de jeunes entrés dans la filière pour le secteur marchand a reculé de près de 8%. 20 Minutes fait le point sur les pistes qui permettraient de booster l’alternance.

Augmenter les aides aux entreprises

En 2014, le gouvernement a supprimé la prime de 1.000 euros par apprenti pour les entreprises de plus de 10 salariés. Il a également supprimé du crédit d'impôt pour les entreprises qui embauchent des jeunes préparant un diplôme supérieur à bac+2.  Ce qui a eu un impact direct sur les embauches d’alternants. Pour Jean-Jacques Dijoux, directeur général de l’Agefa PME (organe de la CGPME visant à promouvoir l’apprentissage) : «Il est nécessaire de rétablir les aides  à l’embauche d’apprentis pour les entreprises allant jusqu’à 100 salariés, car ce sont elles qui forme le gros bataillon des recruteurs d’alternants». Il plaide aussi pour le rétablissement du crédit d'impôt apprentissage au-delà de la première année de formation du jeune préparant un diplôme de niveau supérieur à Bac+2. Des incitations financières utiles en tant de crise.

Assouplir les règles du travail des apprentis

Le code du travail pose le principe de l'interdiction du travail la nuit, le dimanche et les jours fériés pour les apprentis mineurs (sauf dérogations). Mais pour Jean-Jacques Dijoux, «il faut plus de souplesse». «Il faut  par exemple permettre aux apprentis dans le commerce d’être dans l’entreprise en période de soldes, plutôt qu’en cours, quitte à bouleverser un peu le rythmes de l’alternance une semaine/une semaine. Ou les autoriser à travailler le week-end et les jours fériés en cas de besoin». Le code du travail interdit aussi pour les travailleurs mineurs l’utilisation de machines dangereuses et l’accomplissement de travaux dangereux. Mais pour Gilles Langlo, président de la Fnadir (Fédération nationale des associations régionales de directeurs de CFA), «il faut revenir sur cette disposition qui empêche certaines entreprises d’accueillir des apprentis».

Mieux promouvoir l’alternance

Les multiples campagnes de communication sur l’alternance, ont permis de changer son image auprès du grand public. Mais pas suffisamment pour Jean-Jacques Dijoux: «Elle apparait pour beaucoup de parents et d’enseignants comme une voie réservée aux élèves en difficulté». D’où l’intérêt d’en vanter les mérite notamment auprès des élèves de bac pro, de BTS et de DUT. «Car les entreprises ont particulièrement besoin d’eux», explique-t-il. Gilles Langlo suggère aussi d’augmenter le nombre de développeurs de l’apprentissage, chargés de vanter les mérites de la formule auprès des entreprises: «Pour les convaincre de sauter le pas, il faut des campagnes de prospection régulières», insiste-t-il.

Mieux préparer les jeunes aux attentes des entreprises

Actuellement, près d’un quart des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation sont rompus. Un divorce souvent du à la non adéquation du candidat avec les exigences de l’entreprise. «Pour éviter cet écueil, il faut développer les formations permettant aux jeunes de mieux appréhender les codes des entreprises», suggère Jean-Jacques Dijoux.

Mieux accompagner les tuteurs

Ils ont la responsabilité de guider les premiers pas des jeunes en entreprise. Un rôle qui ne s’improvise pas. «Il faut donc développer les formations pour leur apprendre à transmettre», estime Gilles Langlo.