La Bourse de Paris fait grise mine face à la crise ukrainienne

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Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris
Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris — Eric Piermont AFP

La Bourse de Paris a fait grise mine mardi (-0,78%), se laissant dominer par les inquiétudes liées à la crise ukrainienne, en attendant la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.

L'indice CAC 40 a perdu 34,62 points à 4.428,07 points, dans un volume d'échanges faible de 2,9 milliards d'euros. La veille, il avait fini sur une très modeste hausse (+0,1%).

Les autres grandes places européennes ont aussi fini la tête basse. La Bourse de Londres a perdu 0,35%, celle de Francfort 0,65% et l'Eurostoxx a cédé 0,68%.

La place parisienne s'est levée du bon pied, avant de passer rapidement en territoire négatif, puis de s'enfoncer dans le rouge peu après la mi-journée. Les premiers pas à la baisse de Wall Street l'ont confortée dans cette tendance.

"Le marché s'inquiète toujours des tensions en Ukraine. C'est surtout le contexte géopolitique qui fait flancher le marché, alors que les statistiques du jour n'ont pas été très surprenantes", résume Alexandre Baradez, un analyste d'IG.

L'Ukraine a réclamé mardi l'aide de la communauté internationale pour tenir l'élection présidentielle anticipée qu'elle souhaite organiser le 25 mai, sur fond de crainte de guerre civile entre partisans de Kiev et séparatistes pro-russes.

"Le marché attend également la BCE et craint peut-être qu'elle n'agisse pas lors de la réunion de jeudi", poursuit Alexandre Baradez.

La majorité des observateurs table sur un nouveau statu quo de la part de l'institution monétaire, après la remontée de l'inflation en avril en zone euro. Mais ils espèrent que le grand argentier laissera la porte ouverte à des mesures de soutien à l'économie.

L'attentisme des investisseurs s'inscrit aussi dans "des semaines un peu tronquées, avec des volumes très faibles et beaucoup d'investisseurs absents, remarque Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez Global Equities.

Dans ce contexte, les indicateurs macroéconomiques de la journée n'ont pas influé sur la tendance.

Aux Etats-Unis, le déficit commercial s'est réduit en mars grâce à la bonne santé des exportations américaines.

L'activité privée en zone euro a aussi enregistré en avril sa plus forte croissance depuis trois ans, selon un scénario attendu: l'Allemagne reste le moteur du Vieux Continent, l'Espagne sort de la récession et la France reste à la traîne.

De son côté, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a abaissé pour sa part sa prévision de croissance mondiale cette année, à 3,4% contre 3,6% attendus en novembre dernier, mais maintenu son pronostic de 3,9% l'an prochain.

Parmi les valeurs, Solvay a terminé en tête du CAC 40 (+2,55% à 120,45 euros), grâce à la publication d'une rentabilité supérieure aux attentes pour le premier trimestre.

Alcatel-Lucent l'a talonné (+2,21% à 2,92 euros) sous l'effet d'importantes tractations autour du titre avant la publication de ses résultats et sur fonds de rumeurs de rachat par Nokia.

En revanche, Rubis a chuté (-4,36% à 48,97 euros) à cause du repli de son activité au premier trimestre, en raison notamment d'une baisse des produits pétroliers, un climat doux et des effets de change défavorables.

Areva a également dérapé (-5,23% à 17,5 euros). Le groupe nucléaire public français a annoncé la veille s'être associé avec le Japonais Atox, spécialiste de la maintenance des sites nucléaires, dans une coentreprise spécialisée dans le domaine du démantèlement et qui travaillera cette année à Fukushima.

Alstom a reculé de 2,18% à 28,72 euros, après les déclarations du président François Hollande affirmant que l'offre de General Electric pour le rachat de sa branche énergie n'était "pas suffisante aujourd'hui".

Lafarge a lâché 3,17% à 63,86 euros. Le cimentier, qui a annoncé début avril son projet de fusion avec son concurrent suisse Holcim, a confirmé mardi ses objectifs pour 2014, en dépit d'un creusement de ses pertes au premier trimestre.

Eurofins a lui tiré les bénéfices (+2,19% à 207,45 euros) d'un chiffre d'affaires en hausse de 13% sur le premier trimestre, ce qui lui permet de confirmer son objectif de 1,4 milliard d'euros sur l'ensemble de l'exercice 2014.

EDF a perdu 0,84% à 27,27 euros, après les déclarations de son PDG Henri Proglio. Il a annoncé que le déploiement du "grand carénage", un vaste programme d'investissements de l'énergéticien dans ses centrales nucléaires, dépendra de la prolongation de la durée de vie des réacteurs jusqu'à 50 ans.

Scor est monté de 0,99% à 26,51 euros, soutenu par la publication d'un bénéfice net en hausse de 22% au premier trimestre.

M6 a cédé 2,2% à 14,67 euros. Le groupe de télévision a renouvelé par anticipation, mais pour une durée réduite à trois ans, le mandat du président de son directoire Nicolas de Tavernost et de ses principaux collaborateurs

Nexans a engrangé 0,78% à 39,84 euros, malgré le repli de son chiffre d'affaires au premier trimestre.

Bonduelle a gagné 1,93% à 21,15 euros, après avoir annoncé que ses ventes étaient toujours soutenues par ses marchés hors-Europe et notamment le Brésil et les États-Unis au 3e trimestre de son exercice décalé.

Euro Disney a reculé de 0,96% à 4,14 euros, pénalisé par l'alourdissement de sa perte nette en raison d'un recul de la clientèle sous l'effet conjugué de la crise et d'un calendrier de vacances défavorable.

Hi Media a décroché de 8,21% à 1,9 euros, affecté par le recul de son activité au premier trimestre, en raison "d'une saisonnalité particulière et d'un effet de base défavorable".

Heurtey Petrochem a perdu 2,26% à 39 euros, après le lancement d'une augmentation de capital, dont il espère tirer jusqu'à 35 millions d'euros pour financer son développement dans les technologies gazières.

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