Alstom: Montebourg demande à General Electric de revoir sa copie

ENTREPRISE Le gouvernement français demande au géant américain d'améliorer son offre de reprise du pôle énergie d'Alstom...

20 minutes avec AFP

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Le siège du groupe Alstom à Levallois-Perret, près de Paris, le 27 avril 2014
Le siège du groupe Alstom à Levallois-Perret, près de Paris, le 27 avril 2014 —

Le gouvernement français est reparti à l'offensive et a demandé lundi à General Electric d'améliorer son offre de reprise du pôle énergie d'Alstom, jugée insuffisante, sans écarter des discussions avec le conglomérat qui se dit quant à lui toujours ouvert au dialogue.

Montebourg refuse la proposition

«En l'état, nous ne pouvons malheureusement pas souscrire aux propositions que vous avez faites, reposant sur la seule acquisition des activités d'Alstom dans le domaine de l'énergie», a écrit le ministre de l'Industrie, Arnaud Montebourg, au PDG de General Electric, Jeff Immelt, dans une lettre dont l'AFP a obtenu une copie. Le ministre suggère ainsi que GE apporte son secteur transport à Alstom.

«Comme le souligne notre lettre au Président (François) Hollande, nous sommes prêts à poursuivre le dialogue», a réagi dans une déclaration à l'AFP le conglomérat américain, tout en disant valoir que son offre actuelle était «bonne pour la France (et) pour Alstom». Le ministre a ainsi répondu, au nom du président François Hollande, à la lettre adressée mardi dernier par le patron du groupe américain au gouvernement français, dans laquelle il faisait part de son intention de créer «un leader mondial de l'énergie en France», avec des créations d'emplois à la clef.

Le pôle énergie, qui représente 70% du chiffre d'affaires d'Alstom, soit 14,8 milliards d'euros sur l'exercice 2012-2013, revêt «une importance stratégique», a rappelé le ministre dans son courrier. «C'est singulièrement le cas pour les activités nucléaires, pour lesquelles la France se doit de conserver sa souveraineté technologique», a rappelé Arnaud Montebourg, qui a également fait part de «la sensibilité particulière du gouvernement» pour le devenir «des métiers et des personnels» d'Alstom.

La question des empois

L'exécutif français ne précise pas comment il pourrait s'opposer à une décision du conseil d'administration d'Alstom favorable à General Electric, mais l'Autorité des marchés financiers (AMF) a été saisie pour s'assurer de la transparence du processus de vente et de l'égalité stricte entre l'offre de GE et celle concurrente de l'allemand Siemens. Dans sa lettre, Arnaud Montebourg n'écarte pas qu'un accord soit trouvé avec General Electric. Il souligne, en revanche, que «le gouvernement souhaite examiner (avec M. Immelt) les voies et moyens d'un partenariat équilibré, rejetant une acquisition pure et simple qui, en l'état, conduirait à la disparition d'Alstom».

«Il serait hautement souhaitable d'assurer un avenir mondial certain à Alstom Transport, par la cession à cette entité des activités transport de General Electric, incluant les trains de fret et la signalisation, représentant un chiffre d'affaires de 3,9 milliards de dollars», a souligné le ministre.

Le gouvernement a également demandé au PDG de GE de «préciser ses engagements» dans la création d'emplois «en détaillant et en documentant leur contenu». La division énergétique représente près de 9.000 salariés, soit près de la moitié des effectifs français d'Alstom.

Alstom a jusqu'à fin mai pour donner sa réponse

Plus tôt dans la journée, le PDG d'Alstom Patrick Kron avait garanti à Siemens que la procédure de cession de la branche énergie de son groupe serait «transparente», lors d'un échange téléphonique avec le patron de l'industriel allemand Joe Kaeser. Si le fabricant de turbines électriques et de TGV a donné sa préférence à GE, il s'est toutefois réservé le droit de répondre à des offres non sollicitées, comme celle de Siemens, qui est soutenue par le gouvernement français.

Le conseil d'administration d'Alstom a jusqu'à la fin mai pour étudier d'éventuelles offres de rachat pour sa branche énergie, avant d'entrer en négociations exclusives avec le candidat mieux disant. GE propose 12,35 milliards d'euros pour la branche énergie du groupe français.