Elections européennes: De quelle Europe rêvent les patrons?

ECONOMIE A moins d’un mois des élections européennes, les organisations patronales sont elles aussi mobilisées: Tour d’horizon de leurs principales propositions…

Romain Lescurieux

— 

Devant le Parlement européen à Strasbourg.
Devant le Parlement européen à Strasbourg. — SAUTIER PHILIPPE/SIPA

«Tout va trop lentement, nous avons besoin d’une Europe plus globale, plus compétitive», expose José Vicente Gonzales, de la Confederación Española de Organizaciones Empresariales (CEOE).

Réunis le 24 avril 2014, à l’occasion de la Journée de l’Europe organisée à Paris par le Medef, le syndicat patronal français et ses homologues européens, ont livré leurs attentes, sur des thèmes tels que l’emploi, la compétitivité ou encore l’énergie, avec ce slogan: «L’Europe que nous voulons». Et en premier lieu, le désir d’une Union qui s’affirme davantage.

«L’Europe que nous voulons a besoin aujourd’hui d’un élan fort»

«Les facteurs d’instabilité vont croissant […] nous devons constituer un ensemble mieux intégré, pour que l’Europe soit plus forte, plus compétitive et plus solidaire», affirme le Medef de Pierre Gattaz. «L’Europe que nous voulons a besoin aujourd’hui d’un nouvel élan fort et intelligible», avance-t-il, avec l’aval des partenaires européens. Et ce, pour s’imposer au niveau international.

«Une Europe plus forte serait la condition nécessaire pour conserver le rang de première puissance commerciale du monde que nos entreprises européennes ont su conquérir, et pour peser dans les négociations face aux autres grands blocs mondiaux», poursuit le Medef dans un communiqué. Mais pour cela, ils ont insisté sur un point: la compétitivité.

Renforcer la compétitivité

«L'Europe doit mettre la compétitivité des entreprises au cœur de son projet, pour la croissance et pour l'emploi», affirme Pierre Gattaz. «Il nous faut pour cela réduire le coût du travail -flexibilité, seuils, durée de travail, financement des systèmes sociaux- et combler nos déficits», ajoute le syndicat

Présent également, Dimitris Kourkoulas, en charge de la présidence grecque de l’UE a tenu a rappeler que « le programme horizon 2020, les fonds structurels européens, ainsi que les divers instruments financiers ont permis de renforcer la compétitivité des petites et moyennes entreprises européennes ». Mais il appelé à aller plus loin pour assurer la relance économique de l’Union Européenne. Notamment sur la question énergétique.

«Il n’y a pas de politique européenne de l’énergie»

«Il n’y a pas n’a pas de politique européenne de l’énergie», s’exclame José Vicente Gonzales du CEOE. Si l’énergie est une compétence européenne depuis le traité de Lisbonne, la question avait jusque-là était «sous-estimée», selon l’ancien président du Conseil italien Enrico Letta, qui introduisait cette journée de l’Europe. 

Henryka Bochniarz, présidente du Lewiatan (Pologne) a tenté d’apporter une solution pour les années à venir: «Il faut une centralisation des compétences sur l’énergie avec la création d’une agence d’achat de gaz, pour une véritable consolidation de la politique énergétique», a-t-elle commenté. Une position qui doit toutefois encore trouver un écho auprès de ses homologues, encore peu convaincus.

Selon Bernard Vivier, directeur de l’Institut Supérieur du Travail (IST), cette question énergétique montre les limites du mouvement patronal européen. «Le Medef et ses homologues ne représentent pas une véritable force de proposition pour l’Europe. Ils sont davantage centrés sur les questions économiques que sociales». Pour lui, «la priorité de chaque pays est avant tout d’organiser la défense économique des entreprises sur son territoire».