Déficit, croissance: Bruxelles ne croit pas aux prévisions de Valls

ECONOMIE Selon la Commission européenne, la France n'atteindra pas ses objectifs de croissance et de déficit en 2015...

N. Beu.

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Manuel Valls le 5 mai 2014 à l'Elysée.
Manuel Valls le 5 mai 2014 à l'Elysée. — LCHAM/SIPA

Manuel Valls trop ambitieux? Selon la Commission européenne, la France n'atteindra pas ses objectifs de croissance et de déficit en 2015. Alors que le gouvernement table sur une croissance de 1,7% en 2015 (1% en 2014, 2,25% en 2016-2017), Bruxelles l'estime de son côté à 1,5% seulement. Un niveau légèrement inférieur à celui de la croissance de la zone euro, que la Commission situe à 1,7% dans ses prévisions publiées lundi.

Quant au déficit, Bruxelles prévoit une nette réduction en 2015, à 3,4% du PIB, mais ses prévisions restent en-deçà des standards de Maastricht et de l'objectif du gouvernement de le ramener à 3%. L'exécutif européen voit donc la France rater encore une fois la cible qu'il lui a imposée. Pour l'instant.

Des mesures non prises en compte

Les indicateurs sont toutefois meilleurs. Jusqu'ici, la Commission tablait sur un déficit de 3,9% en 2015. Cette amélioration sur le plan budgétaire s'explique notamment par le plan de rigueur de 50 milliards d'euros annoncé par le gouvernement français, souligne la Commission. Rien qu'en 2015, Paris envisage de faire 21 milliards d'économies, même si la Commission n'a pu retenir que le chiffre de 17,5 milliards d'euros dans ses estimations, faute d'avoir eu dans les temps le plan détaillé de réformes de la France.

La mesure-clé du plan de rigueur est le pacte de responsabilité aux entreprises, qui prévoit la suppression de 30 milliards d'euros de cotisations patronales d'ici à 2017, avec l'objectif de relancer l'emploi dans l'Hexagone. Cette mesure a bien été incluse dans les estimations de la Commission, qui n'a en revanche pu prendre en compte certaines mesures d'économies.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a immédiatement réaffirmé la «détermination» du gouvernement français «à réaliser les 50 milliards d'euros d'efforts d'économies nécessaires pour ramener le déficit à 3% du PIB en 2015». «Nos estimations montrent que le déficit français sera au-dessus de 3% en 2015 mais en même temps, nous n'avons pas pris en compte l'engagement du gouvernement de ramener le déficit sous 3%» [et toutes les mesures annoncées avec], a expliqué Siim Kallas, le commissaire européen en charge temporairement des dossiers économiques, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.