Pacte de responsabilité: Le gouvernement veut discuter des emplois

Céline Boff
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François Rebsamen, le ministre du Travail, le 28 avril 2014.
François Rebsamen, le ministre du Travail, le 28 avril 2014. — WITT/SIPA

La bataille pour l’emploi se poursuit. Ce lundi, le ministre du Travail François Rebsamen reçoit les partenaires sociaux et les présidents de Région pour discuter de la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Et, plus précisément, des fameuses «contreparties», c’est-à-dire des créations d’emplois devant découler des 30 milliards d’euros de baisse des cotisations et des impôts accordés aux entreprises.

En mars, après deux séances de négociations, les syndicats de patrons et de salariés avaient décidé de ne pas s’engager sur un nombre global de création de postes. Pressés par le calendrier, il leur semblait plus pertinent de confier cette tâche aux branches professionnelles. Ils avaient donc acté la tenue prochaine, dans chaque grand secteur, de discussions entre les partenaires sociaux pour qu’ils déterminent par eux-mêmes leurs objectifs d’emplois.

Accélérer les négociations dans les branches

Et, justement, la rencontre de ce lundi «doit permettre une accélération du processus de négociation dans les branches», avance le ministère du Travail. François Rebsamen compte préciser la méthode de ces futures discussions. Les échanges porteront aussi sur l’emploi des jeunes et des seniors, deux priorités fixées par le président Hollande. Les outils existants –contrat de génération, alternance, formation professionnelle, etc.- seront passés en revue et les mesures à venir –le gouvernement planche sur un plan senior, qui doit être présenté en juin- seront peut-être évoquées.

Pour l’économiste Jean-Claude Betbèze, «le pacte de responsabilité se révèle être une bonne opportunité pour réinsérer le dialogue social dans les entreprises». Mais le gouvernement ne sera jamais très loin. Il a déjà prévenu qu’il suivra de près le travail des partenaires sociaux et qu’il s’interposera en cas de blocage, restant ainsi fidèle à sa tradition interventionniste.

Le gouvernement espère créer 500.000 emplois

«En France, l’Etat ne peut pas s’empêcher de s’immiscer dans les négociations. Or, les pays dans lesquels le dialogue social fonctionne n’agissent pas ainsi, ils laissent tout le pouvoir aux syndicats», s’agace Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail (IST).

Si le gouvernement se montre aussi intrusif, c’est surtout parce qu’il s’est engagé auprès des Français: son pacte de responsabilité est censé créer 500.000 emplois d’ici à 2017 (300.000 avec les baisses d’impôt et 200.000 avec les exonérations de cotisations patronales). Un chiffre auquel ne croit pas l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui table plutôt sur la création de 240.000 emplois.