Areva bientôt en Chine

NUCLEAIRE Le groupe nucléaire français est en «discussions avancées» pour livrer à la Chine deux EPR, les réacteurs de troisième génération...

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Le Sénat a adopté mercredi soir le projet de loi sur la transparence et la sécurité en matière nucléaire, qui vise à combler un vide juridique concernant les activités utilisant des matériaux fissiles.
Le Sénat a adopté mercredi soir le projet de loi sur la transparence et la sécurité en matière nucléaire, qui vise à combler un vide juridique concernant les activités utilisant des matériaux fissiles. — Alain Julien AFP/Archives

Le Figaro affirme dans son édition de jeudi que la présidente du directoire du groupe, Anne Lauvergeon, présente en Chine en fin de semaine dernière, vient de signer un protocole d'accord pour la livraison de deux réacteurs EPR avec son partenaire chinois CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Corp.). CGNPC est l'un des principaux électriciens nucléaires chinois, basé dans la province du Guangdong (sud).

«Areva a des discussions avancées en Chine», a déclaré à l'AFP la source proche du dossier, ajoutant que ces discussions «se sont intensifiées», mais sans pouvoir dire si le groupe nucléaire avait effectivement signé un protocole d'accord. Interrogé par l'AFP, Areva s'est refusé à tout commentaire.

D'après «Le Figaro», qui ne cite pas ses sources, l'accord entre Areva et CGNPC prévoierait la mise en place d'un partenariat global, incluant la fourniture d'uranium. Aucun montant n'a filtré, selon Le Figaro, mais le coût serait de plusieurs milliards d'euros. Le coût de la construction du premier EPR (European Pressurised water Reactor/Réacteur européen à eau sous pression) construit dans le monde, confié à Areva par la Finlande, serait d'environ trois milliards d'euros.

Areva s'est fait souffler à la mi-décembre par l'américain Westinghouse un contrat de plusieurs milliards de dollars pour la construction de quatre réacteurs de troisième génération en Chine.

Lors d'une visite officielle en Chine en octobre 2006, le président Jacques Chirac avait plaidé en faveur d'Areva. La perte de ce méga contrat avait été perçue comme un revers pour la France.
   
Depuis, des informations de presse avaient fait état d'une possible commande par la Chine de deux autres réacteurs EPR à Areva. Plus économique, plus performant et plus sûr que les réacteurs de deuxième génération, selon ses promoteurs, l'EPR atteint la puissance de 1.600 mégawatts contre 1.450 MW pour les précédents et sa durée de vie est de 60 ans contre 40 ans.

La date de mise en service du premier EPR au monde, le finlandais, a été repoussée à plusieurs reprises. Elle est désormais fixée au tournant 2010-2011. Areva construit cette centrale avec le groupe allemand Siemens. Un autre réacteur EPR doit être construit en France, à Flamanville (Manche). Les travaux de construction devraient démarrer fin 2007, pour une mise en service prévue en 2012.