Avec Free, les Français ont gagné 7 milliards d’euros

TELEPHONIE Sans l'arrivée de ce nouvel opérateur, le gain aurait été de «seulement» 2,1 milliards d'euros...

Céline Boff
— 
L'opérateur Free Mobile a relancé jeudi la guerre des prix en annonçant que son forfait le plus bas, à deux euros par mois, doublait le temps de communication disponible (2H au lieu d'1H) et rendait illimités les SMS, dans un communiqué.
L'opérateur Free Mobile a relancé jeudi la guerre des prix en annonçant que son forfait le plus bas, à deux euros par mois, doublait le temps de communication disponible (2H au lieu d'1H) et rendait illimités les SMS, dans un communiqué. — Damien Meyer afp.com

Depuis deux ans, vous téléphonez moins cher. D’après une étude réalisée par l’UFC-Que Choisir, vos factures de mobile ont en moyenne baissé de 30%. Ce qui représente un gain de pouvoir d’achat de l’ordre de 7 milliards d’euros. 

Alors qu’en 2010, les prix étaient 25% plus élevés en France que dans le reste de l’Europe, la France s’impose désormais comme «le pays où il fait bon téléphoner», avance Antoine Autier, chargé de mission au sein de l'UFC-Que Choisir. D'après cette association de consommateurs, seule l’arrivée du quatrième opérateur, en l’occurrence Free, peut expliquer ce recul massif. 

«Selon nos calculs, si le marché était resté à trois acteurs, les prix auraient baissé, mais de seulement 9%», avance Antoine Autier. Autrement dit, les Français auraient économisé 2,1 milliards d’euros sur leurs dépenses de téléphonie, et non 7 milliards. Free est donc, à lui seul, directement responsable d’un gain de pouvoir d’achat de près de 5 milliards d’euros.

«L'emploi a quant à lui progressé»

Pour Antoine Autier, «l’arrivée de Free a libéré les consommateurs, qui étaient jusque là captifs, et les a incités à faire jouer la concurrence». Effectivement, entre janvier 2012 et décembre 2013, plus de 13 millions de numéros de portables ont été portés [transférés chez un autre opérateur], soit trois fois plus que sur les trois années précédentes. Sur la même période, la part du sans engagement a quant à elle doublé, pour atteindre 43,9%.

Et si l’arrivée de Free est, aux yeux de l'UFC-Que Choisir, très positive pour les consommateurs, elle l’est également pour les citoyens. «Contrairement à ce que certains disent, l’emploi n’a pas baissé depuis l’attribution de la quatrième licence. Bien au contraire, il progresse», affirme Antoine Autier. Et d'ajouter: «Les trois opérateurs historiques n’avaient pas attendu l’arrivée de Free pour délocaliser, par exemple, leurs centres d’appels».

D’après des données de l’Arcep et de l’Insee, la courbe de l’emploi, descendante dans le secteur des télécommunications depuis 2001, s'est en effet inversée à partir de 2010. Très légèrement toutefois. Mais l’association estime que l’injection du «surplus» de pouvoir d’achat dans l’économie est également, et à elle seule, «susceptible d’avoir créé plus de 50.000 emplois dans tous les secteurs».

L'Etat, «principal responsable» de la perte de revenus

Evidemment, les revenus des opérateurs ont baissé. Mais pour l’UFC-Que Choisir, le principal responsable de cette dégradation est… l’Etat. Qui s’est davantage servi dans le portefeuille des acteurs des télécommunications pour renflouer son budget, notamment à travers la taxe Copé, pensée pour financer l’audiovisuel public, ou encore via la vente de licences. Les fréquences 4G lui ont ainsi rapporté quelques 3,5 milliards d’euros.

L’association pointe également du doigt les professionnels eux-mêmes, qui n’ont pas suffisamment cherché à limiter leurs coûts fixes «en mutualisant leurs réseaux». Mais l’UFC-Que Choisir relativise toutefois la perte de revenus des opérateurs, en avançant que «la baisse part d’un point très haut: entre 2006 et 2010, leurs revenus avaient cru de près de 25%».