Ethique: Les entreprises pas encore à la hauteur des attentes des salariés

SONDAGE Selon les résultats du deuxième «Baromètre du climat éthique auprès des salariés des grandes entreprises» dévoilé ce vendredi par «20 Minutes»...

Claire Planchard

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Un homme dans le quartier d'affaires de La Défense près de Paris.
Un homme dans le quartier d'affaires de La Défense près de Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Discrimination ou harcèlement (35%), non-respect des règles de confidentialité ou des procédures internes (29%), fraude ou corruption (16%) : au total, 48% des salariés des grands groupes français auraient été témoin d’un problème éthique dans leur entreprise. C’est ce que révèle  le nouveau «Baromètre du climat éthique auprès des salariés des grandes entreprises» réalisé par BVA pour le groupe La Poste et le Cercle d'Ethique des Affaires (CEA).

Mais face à ces agissements, les dispositifs d’alerte (adresse mail ou numéro de téléphone dédié) et déontologues qui fleurissent dans les grands groupes n’apparaissent pas toujours comme des réponses adaptées.

Côté «alerte», seuls 65% des salariés interrogés disent faire confiance à leur entreprise pour assurer leur protection ou garantir leur anonymat s’ils utilisent ce dispositif. Côté «déontologue», si 87 % des salariés jugent leur présence importante dans l’entreprise, 77 % à préfèrent toujours s’en remettre à leur supérieur hiérarchique et 75% à un collègue pour signaler ce type de problème, contre 69% à leur déontologue et 66% à leur DRH.  

«On peut comprendre qu’il soit plus simple de parler à quelqu’un proche physiquement de vous dans un contexte où le déontologue reste encore peu connu et pas assez visible dans les groupes. Mais le fait qu’il devance le DRH comme interlocuteur de confiance laisse à penser qu’il est de plus en plus identifié», analyse Yves Medina, président du CEA, qui fédère les responsables éthique ou conformité d’une trentaine de groupes du CAC 40.

«Prise de conscience»

«Beaucoup de grandes entreprises ont décidé de se doter de ces outils pour envoyer un signal aux investisseurs à une époque où les fonds d’investissements se sont mis à noter les grandes entreprises également sur des données extra-financières», rappelle Olivier Pauget, directeur d’étude chez BVA Opinion. «Une éthique historiquement cosmétique et déclamatoire, assez peu liée en fait aux problématiques internes et aux préoccupations des personnel», souligne Yves Medina et qui alimente donc toujours les soupçons d’opportunisme autour de ces démarches.

Interrogés sur les motivations qui poussent les groupes du CAC 40 à se doter de déontologue et autre chartes éthiques, 92% des salariés mettent ainsi en avant le souci de donner une bonne image d’elle-même, 91%  celui d’améliorer la confiance que ses clients ont en elle et  88% celle de ses partenaires. «Améliorer la confiance que son personnel à en elle» (77%) et «assurer le bien être de ses salariés » (71%) arrivent encore derrière, même si ces réponses progressent (+4 points).

«Après avoir longtemps été réservée au cercle  restreint des principaux responsables de l’entreprise, on voit que la thématique de l’éthique de l’entreprise se diffuse vers les échelons hiérarchiques inférieurs : il y a une prise de conscience des salariés qui se disent de plus en plus  concernés par les actions menées par leur entreprise en matière d’éthique ou de déontologie (89%, +4 points par rapport à 2012) et déclarent apprécier davantage les actions menées (78% , +3 points), et ça c’est une évolution positive», se félicite Yves Medina.

*Enquête réalisée par BVA Opinion du 30 septembre au 11 octobre 2013 par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 504 salariés travaillant actuellement dans des grandes entreprises du secteur privé ou public (hors fonction publique d’Etat territoriale ou hospitalière.