Le ministre des Finances, Michel Sapin, le 10 avril 2014 au siège du FMI à Washington
Le ministre des Finances, Michel Sapin, le 10 avril 2014 au siège du FMI à Washington — Mandel Ngan AFP

ECONOMIE

Pacte de stabilité: Le gouvernement annonce un plan d’économies sans précédent

Bercy veut ramener le déficit public de la France à 3%, au niveau d’exigence de l’Union européenne…

Le gouvernement a confirmé mercredi qu'il voulait ramener le déficit public de la France à 3% de son produit intérieur brut dès 2015, au prix d'un grand optimisme sur les effets de son plan d'économies sans précédent.

Le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, a présenté mercredi en conseil des ministres le programme de stabilité pour 2014-2017, prévisions pluriannuelles auxquelles se soumettent désormais tous les Etats de la zone euro. Et il a affirmé que ce retour à 3%, seuil de tolérance en zone euro, n'était «pas une question de fétichisme ou de soumission».

Priorité à la croissance et à l'emploi

Repoussé d'une semaine en raison du remaniement, le texte doit être soumis au vote de l'Assemblée mardi prochain, avant d'être adressé à la Commission européenne. Celle-ci dira d'ici un mois si elle croit ou non à cette stratégie, sachant que la France a été placée début mars sous surveillance, comme l'Espagne et l'Irlande, après avoir bénéficié déjà de deux reports pour atteindre l'objectif de 3%.

Dans son scénario, le gouvernement explique que «sa priorité est de permettre à la croissance d'accélérer et à l'emploi privé de progresser de manière durable». La reprise de l'activité repose, selon lui, sur l'amélioration de la conjoncture internationale, avec notamment une reprise des exportations, mais aussi sur sa politique, notamment en termes d'allégements fiscaux et sociaux.

Une croissance à plus de 2% en 2016?

Elle risque de souffrir néanmoins du niveau «trop élevé» de l'euro actuellement, a nuancé Michel Sapin devant la Commission des Finances de l'Assemblée. Le gouvernement table sur une croissance du PIB de 1% en 2014, 1,7% en 2015 puis 2,25% en 2016 et 2017 lorsque son pacte de responsabilité et de solidarité aura connu tout son impact.

Retour de la contribution du commerce extérieur à la croissance en 2015, vraie reprise de la consommation et de l'investissement en 2016, inflation un peu plus soutenue cette année et en 2015: voici les ingrédients qu'avance le gouvernement pour justifier sa stratégie.

Des créations d'emplois

Parallèlement, le gouvernement entend poursuivre l'effort de redressement des comptes publics, en diminuant le déficit public (Etat, protection sociale, collectivités locales) et surtout le déficit structurel, c'est-à-dire hors aléas de la conjoncture. Mais la marche est haute pour arriver à 3%: il s'agit en effet de réaliser en deux ans (2014 et 2015) un effort équivalent à 1,3 point de PIB (près de 30 milliards d'euros).

Le plan de 50 milliards d'économies est notamment là pour cela. Ces économies s'«articulent», assure le gouvernement, avec le pacte de responsabilité et de solidarité: un allègement de 30 milliards des cotisations patronales, auxquels s'ajoutent plus de 10 milliards de baisse de la fiscalité (d'ici 2017) sur les entreprises et 5 milliards de mesures sociales et fiscales pour les ménages.

Le gouvernement espère que cela générera 200.000 emplois supplémentaires et un demi-point de croissance.