La baisse des charges crée de l'emploi «s'il y a des perspectives de croissance»

EMPLOI Le Pacte de responsabilité et de solidarité doit «générer 200.000 emplois supplémentaires» d’ici à 2017, selon le programme de stabilité adopté ce mercredi en conseil des ministres…

R.L.
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Le ministre du Travail François Rebsamen arrive pour une réunion du cabinet le 4 avril 2014 au Palais de l'Elysee à Paris
Le ministre du Travail François Rebsamen arrive pour une réunion du cabinet le 4 avril 2014 au Palais de l'Elysee à Paris — Alain Jocard AFP

Selon le programme de stabilité 2014-2017, le Pacte de responsabilité et de solidarité doit «générer 200.000 emplois supplémentaires» d’ici à 2017. Et ce, grâce notamment aux 10 milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales du pacte de responsabilité, a annoncé mardi 22 avril, le ministre du Travail, François Rebsamen.

Il a aussi réaffirmé l’objectif de 300.000 emplois créés d’ici à 2017 grâce aux 20 milliards d’euros du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), autre volet du pacte de responsabilité. Mais pour certains économistes et syndicalistes le mécanisme de création d’emplois n’est pas si simple.

«Le dialogue social doit être moins tendu»

Pour Jean-Paul Betbeze, président de Betbeze Conseil et ancien chef économiste du Crédit Agricole, la création d’emplois n’est «pas aussi mécanique»: «Une baisse des charges signifie plus de marges, mais entraîne des emplois s'il y a des perspectives de croissance et de flexibilité sur le marché du travail. Si «ce n’est pas encore le cas», poursuit-il, les 10 milliards d’euros d’exonérations de charges patronales restent «un début nécessaire», ajoute Jean-Paul Betbeze. Toutefois, pour parvenir à un résultat satisfaisant, «le dialogue social doit être moins tendu», affirme-t-il.

De son côté, Eric Aubin (CGT) a contesté les prévisions d’emplois présentées par le ministre, dénonçant un «effet d’annonce». «Si les exonérations permettaient la création d’emplois, ça fait 30 ans qu’on aurait créé de l’emploi et on ne serait pas dans la situation dans laquelle on est», a-t-il déclaré à l’AFP. Le syndicaliste a également fustigé une politique qui «met en difficulté la protection sociale», les exonérations n’étant «pas toutes compensées par l’Etat».

«Plus de 10 millions de salariés (…) concernés»

Toutefois pour François Rebsamen, «plus de 10 millions de salariés, travaillant au sein d’1,6 million d’entreprises, sont concernés par les allégements (prévus par le pacte de responsabilité). 90% des allégements concernent les salariés rémunérés en-dessous de 1,35 Smic», a-t-il ajouté. Le ministre a aussi estimé que, depuis leur mise en place en 1993, les exonérations de cotisations avaient permis de créer ou de sauvegarder «entre 400.000 et 800.000 emplois».

«Alléger les cotisations, ce n’est donc pas un «cadeau aux patrons», c’est un soutien à l’emploi ou au maintien dans l’emploi des moins qualifiés», a-t-il dit.