Wall Street aborde la saison des résultats sur la pointe des pieds

ECONOMIE - La Bourse de New York aborde sur la pointe des pieds le début de la saison des résultats...

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Le siège de la Bourse de New York vue à travers la statue de George Washington à Federal Hall, sur Manhattan
Le siège de la Bourse de New York vue à travers la statue de George Washington à Federal Hall, sur Manhattan —

La Bourse de New York aborde sur la pointe des pieds le début de la saison des résultats, confiante dans l'économie américaine tout en gardant à l'esprit l'apparente fragilité de quelques valeurs stars de Wall Street.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice vedette de la Bourse de New York, a grappillé 0,55% à 16.412,71 points. Le Nasdaq, à dominante technologique, a reculé de 0,67% à 4.127,73 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 a avancé de 0,40% à 1.865,09 points.

Les courtiers américains continuent de miser sur une amélioration progressive de la croissance de la première puissance mondiale, faisant grimper vendredi en début de séance le Dow Jones et le S&P 500 à des niveaux jamais atteints auparavant.

Ils s'appuient notamment sur des indicateurs laissant entrevoir «une activité plus solide au printemps», selon les analystes de Barclays. «Les preuves démontrant que l'accès de faiblesse des indicateurs au cours des récents mois était bien en partie lié au mauvais temps et que les données économiques devraient s'améliorer dans les mois à venir se multiplient», justifient-ils.

Les ventes de voitures ont ainsi rebondi en mars, l'activité dans le secteur manufacturier et le secteur privé a progressé et le marché du travail semble repartir sur de bonnes bases. «Toutefois, nuancent les experts de Barclays, nous considérons encore qu'il s'agit surtout d'un rebond après des indicateurs décevants plutôt que le début tant attendu d'une reprise plus accentuée de la croissance». Les acteurs du marché surveilleront à cet égard les chiffres sur les prix à la production en mars et sur la confiance des consommateurs en avril, prévus vendredi.

 

 

Des valeurs stars comme Twitter et Facebook chahutées

Les investisseurs sont d'autant plus sur leurs gardes que quelques valeurs stars de la cote comme Twitter, Tesla, Facebook, Netflix ont été nettement chahutées ces derniers temps.Ces titres à forte croissance ont fait le bonheur des courtiers l'an dernier, alimentant l'envolée des indices en 2013. Mais la fougue est un peu retombée et les observateurs se demandent si cette tendance n'est que temporaire ou si elle peut encore s'accentuer.Plusieurs d'entre eux écartent toutefois l'idée d'une répétition d'un scénario similaire à celui de la bulle internet de 1999-2000. «Le mouvement de vente ne concerne qu'un segment assez limité du marché», relève ainsi Alan Skrainka.

«Ça n'a rien à voir avec l'entrée en masse à la Bourse de multiples start-up ne dégageant aucun profit» observée à la fin des années 1990, renchérit David Levy de Kenjol Capital Management, tout en prônant une attitude prudente face à certaines valeurs technologiques ou à faible capitalisation.Les investisseurs pourront vérifier de la solidité des comptes des entreprises avec le début de la saison des résultats.«Les attentes sont assez basses» dans le mesure où les investisseurs sont prêts à imputer à l'hiver rigoureux qui a frappé les États-Unis toute baisse de chiffre d'affaire, remarque David Levy. «Si elles parviennent à bien s'en tirer malgré le mauvais temps, cela ravirait le marché». Alcoa ouvrira le bal mardi et sera suivi vendredi par la diffusion des performances des banques JPMorgan Chase et Wells Fargo.

Les investisseurs surveilleront par ailleurs la publication mercredi des minutes de la dernière réunion du Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine.

«Elles renforceront sûrement l'idée que la trajectoire dessinée par le Comité sur le ralentissement de son soutien à l'économie est en grande partie fixée», selon les analystes de Nomura. Elles pourront aussi «apporter un éclairage sur ce qui a poussé le FOMC à modifier son message d'orientation de politique monétaire sur le niveau des taux», ajoutent-ils.