Wall Street clôture en forte chute, emportée par le plongeon du Nasdaq

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La Bourse de New York, le 27 août 2013
La Bourse de New York, le 27 août 2013 — John Moore Getty

Wall Street a nettement chuté jeudi, emportée par un plongeon de son indice technologique Nasdaq, miné par des craintes concernant la valorisation des grands noms du secteur et des inquiétudes sur la croissance mondiale.

Selon les résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones, a dégringolé de 1,62%, ou 266,96 points, à 16.170,22 dollars.

Le Nasdaq a chuté de 3,10%, soit 129.79 points, à 4.054,11 points, s'établissant à son plus bas niveau depuis le 5 février. Il s'agit de sa plus importante baisse sur une séance depuis le 9 novembre 2011, lorsqu'il avait perdu 3,88%.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a lâché 2,09%, soit 39,10 points, à 1.833,08 dollars.

Traduisant la nervosité croissante des acteurs du marché, la volatilité des échanges, mesurée par l'indice VIX, dit «indice de la peur» s'est envolée de 14,98% à 16,11.

Ce plongeon est le résultat «de tout un ensemble de facteurs», a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert America. «Le resserrement futur de la politique monétaire américaine, les craintes d'un ralentissement de la croissance» aux Etats-Unis mais aussi en Chine, «l'inquiétude quant à l'absence de mesures de relance de l'activité en Chine» pour y remédier, «les tensions en Ukraine et les mouvements de liquidations des fonds spéculatifs».

La Chine, deuxième économie mondiale, a fait part jeudi d'un net recul en mars de ses exportations, mais aussi de ses importations, à l'inverse des prévisions du marché qui avaient misé sur des progressions.

Ce contexte défavorable a favorisé l'engrenage et la chute des indices, malgré l'annonce d'un fort recul des inscriptions au chômage aux Etats-Unis début avril.

- Biotechs et grands noms de l'internet -

Le secteur des biotechnologies et les grands noms du secteur technologique, qui avaient attiré à eux une grande partie des investissements des gérants de fortune et des fonds, en ont fait les premiers les frais, en plein départ de la saison des résultats.

Au premier chef, ont été visés des titres phare du secteur «tech» comme Netflix, Tesla, Facebook ou Amazon, qui ont plongé respectivement de 5,18% à 334,73 dollars, de 5,87% à 204,19 dollars, de 5,21% à 59,16 dollars et de 4,43% à 317,11 dollars. De même, Google (classe C) s'est enfoncée de 4,11% à 540,95 dollars et Twitter de 2,71% à 41,34 dollars.

Dans les biotechnologies, Celgene a dégringolé de 4,98% à 139,98 dollars et Biogen de 4,43% à 287,35 dollars.

«Les inquiétudes se sont en effet concentrées sur les sociétés au plus fort ratio »PE« ou Prix/bénéfices», a remarqué Peter Coleman, courtier chez ConvergEx Group. «Jusqu'à aujourd'hui, les biotechnologies s'échangeaient à un ratio de valorisation de 35, soit plus du double du S&P, qui cote à 17». Le Nasdaq se situe à 32.

«On accepte de payer (la valorisation) élevée d'une société quand on sait que les bénéfices seront au rendez-vous. Quand on perd cette confiance», on perd son appétit pour les sociétés aux plus grosses valorisations, a expliqué M. Volokhine.

Le distributeur en ligne eBay, qui a finalement trouvé jeudi un terrain d'entente avec l'investisseur activiste Carl Icahn pour éviter de céder sa filiale de paiements PayPal, a abandonné 3,24% à 54,08 dollars.

Dans ce contexte, la banque Ally Financial, sauvée de la faillite grâce à des fonds publics pendant la crise financière, a fait une entrée en Bourse sans éclat, la plus grosse introduction de l'année à Wall Street, ayant perdu 4,08% à 23,98 dollars.

Le numéro un de la distribution américain Wal-Mart, qui se lance dans le secteur «bio» en s'associant aux États-Unis avec l'enseigne Wild Oats, a cédé 1,39% à 76,89 dollars.

Le marché obligataire, prisé des investisseurs en temps d'incertitude, a progressé nettement. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé à 2,628% contre 2,684% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,503% contre 3,565% à la précédente clôture.

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