La Bourse de Paris termine en baisse

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Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris
Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris — Joel Saget AFP

La Bourse de Paris a repris son souffle jeudi en clôturant dans le rouge (-0,66%) en dépit du retour réussi de la Grèce sur le marché obligataire et de minutes de la Fed accueillies favorablement la veille, mais sans parvenir à soutenir la cote.

Le CAC 40 a perdu 29,19 points à 4.413,49 points, dans un volume peu élevé de 2,8 milliards d'euros. La veille, l'indice parisien avait gagné 0,40%.

Les autres grandes places européennes ont également terminé dans le rouge hormis Londres, qui a clôturé en légère hausse, l'indice FTSE-100 des principales valeurs gagnant 0,10%. A Francfort, l'indice Dax des trente valeurs vedettes a lâché 0,55% et l'Eurostoxx 0,94%.

«Nous sommes dans une phase de reprise de souffle après les points hauts touchés vendredi dernier», relève Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse. Pour autant, «ça tient bien», poursuit-il, «le marché a du mal à enfoncer les 4.400 points».

La cote parisienne a démarré sa journée en hausse, avant d'alterner entre le vert et le rouge tout au long de la séance puis de terminer en territoire négatif dans le sillage de Wall Street, qui n'est pas parvenue à transformer le rebond entamé mercredi.

Les indicateurs américains ont eu un léger impact positif sur la tendance. Les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé bien plus que prévu, pour atteindre leur plus bas niveau depuis 7 ans. Les prix à l'importation ont également progressé plus que prévu en mars.

En Europe, les indicateurs se sont révélés moins encourageants. La production industrielle en France est restée quasi stable en février, en deçà des prévisions d'analystes; celle de l'Italie a diminué plus que prévu. L'inflation française a également ralenti un peu plus qu'attendu.

La Bourse new-yorkaise avait pourtant accueilli favorablement mercredi les minutes de la Fed, y voyant un signal de l'éloignement de la perspective de la remontée des taux de la banque centrale américaine. Les investisseurs s'étaient alarmés lorsque Janet Yellen, la présidente de la Fed, avait évoqué une éventuelle hausse de taux «environ six mois» après la fin du programme d'achats d'actifs de l'institution.

Dans le compte-rendu de mercredi, «il n'y avait toujours pas plus de précisions concernant ce que veut dire »un certain temps« (après la fin des achats d'actifs), l'échéance de +6 mois+ est donc toujours une possibilité», estime Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.

«Les minutes de la Fed valident l'idée que la Banque centrale américaine va devoir prévoir une remontée des taux à terme, en 2015, mais que sa politique monétaire va rester ultra-accomodante», explique Renaud Murail, qui souligne que l'on est «encore sur un gonflement du bilan» de la Réserve fédérale.

La Banque d'Angleterre a quant à elle maintenu le statu quo sur sa politique monétaire jeudi.

Autre événement de taille mais qui n'est pas non plus parvenu à soutenir le marché, le retour de la Grèce sur le marché obligataire pour la première fois depuis 2010. Athènes a réussi à lever 3 milliards d'euros en obligations à cinq ans assorties d'un coupon à 4,75%. Selon le vice-président du gouvernement, Evangélos Vénizélos, l'émission «a été sursouscrite 8 fois».

«Cela montre globalement une amélioration de la conjoncture en zone euro», estime Renaud Murail. «Les investisseurs ont suffisamment confiance pour investir en Europe et les capitaux continuer de revenir» vers la zone euro, précise-t-il.

Parmi les valeurs, LVMH a pris 3,22% à 140,85 euros, après un chiffre d'affaires en progression de 4% au premier trimestre, tiré par «l'excellent début d'année» de sa marque Louis Vuitton. Son concurrent Kering a en revanche reculé de 0,20% à 149,65 euros.

Thales a chuté de 2,92% à 47,86 euros, pénalisé par l'annonce d'un objectif de marge opérationnelle à l'horizon 2017-2018 jugé décevant par certains analystes.

Les bancaires ont pesé sur la cote, BNP Paribas lâchant 1,35% à 56,13 euros, la Société Générale 1,59% à 44,375 euros et Crédit Agricole 1,64% à 11,42 euros.

Sequana était suspendu, à la demande de la société qui a annoncé une augmentation de capital de 64 millions d'euros et un plan de restructuration, qui menace 500 emplois en France, après avoir multiplié par 2,5 ses pertes en 2013, en raison de dépréciations d'actif.

Synergie a lâché 1,85% à 19,62 euros, malgré un doublement de ses résultats en 2013. Le groupe de travail temporaire a ainsi tenu la promesse faite à ses actionnaires d'une «nette amélioration» de ses bénéfices, grâce au dynamisme retrouvé de son activité.

CAC 40