Nice: une société faisait travailler des employés grecs sous contrat allemand

SOCIAL A l'aéroport, elle ne sollicitera pas de travailleurs étrangers cet été...

Jean-Alexis Gallien-Lamarche

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Arwe est basée à l'aéroport de Nice.
Arwe est basée à l'aéroport de Nice. — Archives ANP / 20 Minutes

«Une victoire », claironnent les syndicats. «Aucun commentaire sur l'affaire», répond la direction. Depuis 2012, un sous-traitant de loueurs de voitures (Avis, Europcar, Hertz et Sixt) – spécialisé dans la remise en état et la propreté des voitures à la location – faisait appel à des travailleurs «en détachement» sur l'aéroport de Nice Côte d'Azur. En clair, une trentaine de salariés, en majorité Grecs et sous contrat allemand, venaient grossir les rangs d'Arwe service France pour la saison estivale (mars à octobre), quand l'affluence touristique est très importante. Il vient juste d'y renoncer, selon plusieurs sources.

«Une fraude sophistiquée»

La méthode était dénoncée par le syndicat CFDT qui caractérise le fonctionnement «de dumping social». «Leur job? Passer, à la chaîne, l'aspirateur. Ils sont payés en dessous du Smic pour six jours sur sept. Certains sont rémunérés 894 € pour 212 heures de travail», détaille Philippe Coltat, délégué syndical. En 2012, l'Inspection du travail se penche sur le dossier et dresse un procès verbal pour «travail dissimulé», selon lui. Rebelote en 2013. Elle conclut alors à un «prêt illicite de main d'œuvre, marchandage et travail dissimulé», selon un document consulté par 20 Minutes. «Cette société a mis en place une fraude sophistiquée», estime Philippe Coltat, qui regrette que le parquet ne se soit pas saisi de l'affaire après que la CFDT se fut constituée partie civile. C'est maintenant à Pôle Emploi qu'une cinquantaine d'offres sont à pourvoir.

 

■ Un autre contrôle

Pour Philippe Coltat, ce sont « les diverses pressions qui ont fait renoncer Arwe à faire appel à du travail dissimulé ». Selon lui, « il y a également un contrôle Urssaf sur la société » qui les a fait réagir.