Manuel Valls veut donner un coup de pouce aux salariés modestes

SOCIAL Grâce à une diminution des cotisations salariales et un allégement de la fiscalité, le Premier ministre entend redonner du pouvoir d’achat aux revenus les plus modestes…

R.L.
Le Premier ministre Manuel Valls devant l'Assemblée nationale, le 8 avril 2014
Le Premier ministre Manuel Valls devant l'Assemblée nationale, le 8 avril 2014 — Eric Feferberg AFP

Annonce phare du discours de politique générale de Manuel Valls devant les députés mardi 8 avril, la diminution des cotisations salariales pour les travailleurs percevant jusqu’à 1,3 smic. Et ce, à compter du 1er janvier 2015. Une mesure qui permettra de «procurer 500 euros par an de salaire nets supplémentaires» (soit près de 42 euros de plus par mois) aux salariés concernés par des revenus les plus modestes. «C’est presque la moitié d’un 13e mois», a souligné Manuel Valls.

Concrètement, il s’agit d’agir «sur les cotisations salariales pour augmenter le salaire net, celui que l’on touche à la fin du mois», a expliqué le Premier ministre. Cet allégement de charges sera dégressif: maximal au niveau du smic et moins important au fur et à mesure que le salaire augmente. Une mesure qui entre dans le pacte de solidarité, prolongement du pacte de responsabilité.

Des mesures à 5 milliards d’euros

Pour continuer dans cette logique de stimulation du pouvoir d’achat, «le gouvernement proposera d’alléger la fiscalité des ménages les plus modestes», «en particulier ceux qui sont rentrés dans le champ de l’impôt sur le revenu ces dernières années alors même que leur situation ne s’était pas améliorée», a souligné le Premier ministre. Une idée défendue par l’ancien ministre délégué chargé du Budget, Bernard Cazeneuve, qui réfléchissait à un dispositif permettant de limiter les «effets de seuil» à l’entrée dans le barème de l’impôt sur le revenu.

12 % des salariés, soit environ 2 millions de personnes, sont actuellement rémunérés au salaire minimum, selon le ministère du Travail, et devraient donc bénéficier du «coup de pouce». En tout, ces mesures devraient coûter 5 milliards d’euros aux finances publiques à l’horizon 2017. Pour le moment peu de pistes sur le financement sont avancées.

«Aucun détail du plan»

«Il est encore impossible de savoir qui va payer quoi. Il n’y a aucun détail du plan. Mais normalement ce sera grâce au 50 milliards d’économies faits d’ici trois ans», affirme Guillaume Alègre, économiste à l’OFCE (observatoire français des conjonctures économiques). D’autant qu’il reste 11 milliards d’euros à trouver. Selon Manuel Valls, ce manque sera comblé notamment grâce une «plus grande justice de notre système de prestations». Pour Guillaume Alègre «tout dépendra principalement du détail des économies faits du côté de l’Etat et des ces 11 milliards d’euros».