Discours de politique générale: Ce qu’ont pensé les entrepreneurs des annonces de Manuel Valls

REACTIONS Ils ont réagi au discours de Manuel Valls devant l'Assemblée nationale ce mardi...

Bertrand de Volontat
Le patron du Medef Pierre Gattaz, à Paris le 18 février 2014
Le patron du Medef Pierre Gattaz, à Paris le 18 février 2014 — Eric Piermont AFP

Manuel Valls a obtenu ce mardi une nette confiance des députés, après avoir promis «vérité» et «efficacité» pour redresser la France, et annoncé un big bang territorial, ainsi que des allègements de cotisations sur les bas salaires. Dans un hémicycle plein à craquer, le nouveau chef du gouvernement, costume bleu nuit, a vécu son baptême du feu en prononçant pendant 47 minutes sa déclaration très attendue de politique générale, une semaine après avoir succédé à Jean-Marc Ayrault. A-t-il obtenu la confiance des entrepreneurs?

»Supprimer la moitié des régions, baisser les cotisations salariales: tour d’horizon des mesures de Manuel Valls

Ils sont satisfaits

Medef. L’organisation patronale a salué «la volonté» du gouvernement de mettre en œuvre le pacte de responsabilité, mais «attend des précisions sur la baisse de la fiscalité», ainsi qu’une mise en œuvre «plus rapide». Le Medef «note avec satisfaction que le Premier ministre a mis la compétitivité des entreprises au cœur de la stratégie économique du gouvernement. C’est d’ailleurs le sens du pacte de responsabilité qui doit désormais être mis en œuvre sans tarder».

Guillaume Cairou, président du Club des Entrepreneurs. «Nous saluons vivement la réaffirmation de l’objectif de réduction de 30 milliards d’euros du coût du travail d’ici à 2016. Nous sommes particulièrement heureux de la concrétisation de la simplification du régime fiscal des entreprises. Manuel Valls va, par ces annonces, permettre de remédier à une situation ubuesque qu’il ne faut pas oublier: les charges supportées par les entrepreneurs que nous sommes ont augmenté deux fois plus fortement en France qu’en Allemagne depuis 1995.»

Ils attendent plus

Stanislas de Bentzmann, président de CroissancePlus. «Nous attendons du nouveau gouvernement qu’il prenne des mesures pour simplifier la vie des entreprises et faire que ces dernières retrouvent le chemin de la croissance et de l’embauche. Dans son discours de politique générale, le nouveau Premier Ministre est semble-t-il, convaincu que la croissance ne sera possible qu’en mettant en place une politique économique attractive et compétitive dans un cadre de confiance. Les précisions données sur les baisses de la fiscalité et des charges sociales sont positives car attendues par les acteurs économiques.» Par contre, les entrepreneurs de CroissancePlus attendent «une remise en cause du projet de loi de Benoît Hamon sur la transmission d’entreprises ou le décret de Michel Sapin sur l’inspection du travail, par exemple.» Ces mesures qui d'après eux, rigidifient l’économie et bloquent le redémarrage de la croissance.

Ethic, les entreprises de taille humaine indépendantes. «Un chef d’entreprise n'a pas la même temporalité qu'un gouvernement. 2020, c’est le bout du monde. D’ici là, ma boîte pourra être introduite en bourse, avoir fusionné, avoir déposé le bilan, s’être délocalisée, avoir été rachetée. Si déjà le Premier ministre avait annoncé tout ce qu’il promet pour les 6 mois à venir on aurait pu reprendre (un peu) confiance, mais nous ne pouvons plus attendre.» Et d'ajouter: «Le grand absent de ce discours roboratif, même s’il est bon d’entendre que le travail est une valeur, c’est l’incitation concrète à la liberté d’entreprendre.»