Freelance: Entre avantages et inconvénients

ETUDE Si de nombreux points séduisent les Français, être indépendant a aussi sa part de galères…

Romain Lescurieux

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L'espace de coworking Le Node, à Bordeaux
L'espace de coworking Le Node, à Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

Liberté, autonomie, indépendance… Sur le papier, travailler en freelance attire. Mais combien sont-ils à passer le cap? Sur la base d’une étude réalisée pour le compte de l’Union Européenne et de l’EFIP (Forum européen des professionnels indépendants) et présentée en 2012 à Bruxelles, il y a 8,5 millions de freelances en Europe, dont 700.000 en France (un chiffre qui n’inclut pas les agriculteurs, et les professions libérales réglementées: médecins, avocats).

Selon l'étude, cette population a crû de 82% entre 2000 et 2011 en Europe. Et ne cesse de se développer. Au fil des années, le travail en freelance s’étend dans les secteurs de l’informatique (développeurs), dans le domaine créatif (designers) ou encore dans celui de la rédaction (consulting, traduction). Et peut prendre différents statuts juridiques: auto-entrepreneurs, travailleurs indépendants, etc. Mais dans un premier temps, tous sont guidés par les mêmes motivations et la même recherche d’avantages.

«Un véritable choix»

Selon une étude réalisée par HopWork *, 67% des personnes interrogées sont devenues freelance par envie de liberté et d’indépendance. Michael, 26 ans, créateur de sites Web, est immatriculé auto-entrepreneur depuis cinq ans. Pour lui, la question ne s’est pas posée: «Quand je suis sorti de mon école d’informatique, je voulais être libre et me battre pour moi-même». Alors, il a tout fait pour atteindre cette qualité de vie. Aujourd’hui, il ne le regrette pas et ne cherche pas à rejoindre une entreprise. «Mais il ne faut jamais dire jamais. Si demain, je n’ai plus de demandes, plus de clients, je n’aurai pas le choix», ajoute-t-il.

Dans cette étude, les autres motivations des freelance sont la perte du lien hiérarchique, e temps pour se former et de meilleurs émoluments. «Nous ne nous attendions pas à ce que les gens nous disent autant qu’il s’agissait d’un véritable choix», affirme Vincent Huguet, co-fondateur et dirigeant de HopWork. Un choix assumé qui n’est toutefois pas dénué de contraintes.

Galères administratives et périodes creuses

Isolement, précarité, délais de paiement, galères administratives, la réalité peut être difficile. Le freelance prospecte lui-même sa clientèle, lance des pistes, des projets, relance ses contacts. Parfois, sans succès. Une situation qui comprend le risque de périodes creuses. D’ailleurs, combien gagne un travailleur indépendant?

Selon l’INSEE, les mieux lotis sont les juristes, avec un revenu annuel de 113.640 euros. Suivent ceux qui travaillent dans le commerce pharmaceutique (94.020 euros) et les professions libérales de santé, avec 69.710 euros. En revanche, à l’autre bout de l’échelle, on retrouve comme les années précédentes les activités artistiques et récréatives avec 14.410 euros par an. Face à cette situation, nombreux sont ceux qui s’adaptent.

Pour éviter l’isolement, les espaces de coworking et les bureaux partagés poussent comme des champignons. Le portage salarial à mi-chemin entre le travail salarié et l’activité indépendante permet aussi de faciliter la situation. Mais face aux difficultés économiques, certains ne misent pas que sur l’indépendance. Selon le même rapport de l’INSEE, en 2011, le niveau de revenu des auto-entrepreneurs est en moyenne de 5.430 euros annuels. Alors, près d’un auto-entrepreneur sur trois cumulait cette activité avec un travail salarié, contre un indépendant classique sur dix.

*Sondage réalisé par Hopwork auprès d’un panel de 160 freelances.

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