La Bourse de Paris freine face à un environnement défavorable (-0,25%)

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La Bourse de Paris s'est montrée prudente (-0,11%) pour débuter la semaine, traversant sans sursaut une séance à l'agenda clairsemé en raison notamment de la fermeture des marchés américains.
La Bourse de Paris s'est montrée prudente (-0,11%) pour débuter la semaine, traversant sans sursaut une séance à l'agenda clairsemé en raison notamment de la fermeture des marchés américains. — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a freiné (-0,25%) mardi face à un environnement défavorable, entre les hésitations des marchés américains qui craignent une mauvaise saison des résultats, la prudence du FMI sur la croissance mondiale et la résurgence de la crise ukrainienne.

L'indice CAC 40 a perdu 11,25 points à 4.424,83 points, dans un volume d'échanges de 4,3 milliards d'euros. La veille, il avait nettement reculé (-1,08%).

Le marché parisien s'est enfoncé petit à petit dans le rouge, avant de réduire ses pertes grâce aux premiers échanges dans le vert à Wall Street, après une ouverture américaine en demi-teinte.

Malgré cela, «la tendance est toujours affectée par les suites de ce qui a commencé vendredi aux Etats-Unis, avec le décrochage des valeurs technologiques qui pèse sur le reste de la cote, et des prises de profits sur les valeurs surévaluées», explique Alexandre Baradez, analyste d'IG.

Les Etats-Unis craignent également des résultats d'entreprise en recul au premier trimestre, alors que la saison des résultats débute mardi soir.

«La mauvaise météo a déjà eu un impact sur les indicateurs américains au premier trimestre. Il y a une crainte que cela se traduise aussi dans les résultats d'entreprises», explique Alexandre Baradez.

La prudence des investisseurs est également renforcée par les résurgences de la crise ukrainienne, selon lui. Washington a menacé Moscou de nouvelles sanctions, au moment où le Kremlin amassent des militaires à la frontière avec l'Ukraine, faisant craindre une invasion.

Le Fonds monétaire international (FMI) a également apporté de l'eau au moulin des anxieux. L'institution a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale en 2014.

«Les difficultés de la Chine et du Brésil, et l'impact de la crise ukrainienne pourraient peser sur la croissance», résume Alexandre Baradez.

Le FMI a également réitéré ses craintes d'une déflation en Europe et réclamé une intervention de la BCE, qui rejette toujours ce scénario et se contente de diriger les marchés à la force du verbe.

«Cette polarisation entre Washington et Francfort créé des tensions chez les investisseurs car il n'y aucun consensus sur la politique monétaire en zone euro», observe Alexandre Baradez.

Dans ce contexte, Manuel Valls n'a pas inquiété les marchés avec sa déclaration de politique générale. Le Premier ministre a confirmé les engagements budgétaires de la France et est resté fidèle aux pactes de responsabilité et de solidarité annoncés par François Hollande.

«Les montants annoncés par Manuel Valls étaient ceux déjà annoncés auparavant. Il n'y a pas eu de mauvaise surprise pour le marché», conclut Alexandre Baradez.

Côté indicateurs, les rares statistiques du jour ont été ignorées par la place parisienne.

Parmi les valeurs, les grands mouvements de rapprochements ou cessions en cours parmi des poids lourds de la cote continuaient d'occuper les investisseurs.

Un énième rebondissement dans le secteur des télécoms a animé les cours. Bouygues a gagné 1,34% à 29,39 euros alors qu'il chercherait à céder sa filiale télécoms à Iliad (+0,7% à 200 euros), après avoir été éconduit par Vivendi (-3,25% à 19,95 euros) pour le rachat de SFR qui lui a préféré Numericable (+1,29% à 30,74 euros).

Saint-Gobain a fait les frais (-3,03% à 44 euros) du désengagement de Groupama.

Steria et Sopra sont restés suspendus avant une reprise de cotation mercredi, alors que leur projet de fusion, dévoilé ce mardi, doit faire d'eux un poids lourd des services informatiques en France comme en Europe, doté d'un chiffre d'affaires combiné de 3,1 milliards d'euros.

Lagardère a cédé 1,13% à 28,43 euros après l'annonce de l'acquisition d'une part majoritaire de De Père En Fils productions (DPEF), petite société de production spécialisée dans les fictions d'humour, pour un montant non dévoilé.

Lafarge n'a que peu profité (+0,08% à 65,79 euros) du relèvement de sa recommandation par UBS, freiné par les prises de bénéfices après l'envolée du titre liée à l'annonce de sa fusion avec le suisse Holcim.

Euronext (CAC 40)