Steria et Sopra dévoilent leur projet de fusion et rassurent sur l'emploi

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Un informaticien devant son écran d'ordinateur
Un informaticien devant son écran d'ordinateur — Thomas Samson AFP

Les groupes français de services informatiques Steria et Sopra ont dévoilé mardi leur projet de fusion, qui les propulsera à la quatrième place en France et la dixième en Europe, tout en donnant des assurances en matière d'emploi.

L'ensemble Sopra-Steria Group, qui comptera plus de 35.000 collaborateurs et sera présent dans 24 pays, sera doté d'un chiffre d'affaires combiné de 3,1 milliards d'euros. Il vise grâce à cette fusion un chiffre d'affaires de 4 milliards et un taux de rentabilité opérationnelle de 10%, à un horizon non précisé.

L'opération prendra la forme d'une offre publique d'échange (OPE) lancée par Sopra sur son concurrent Steria, au taux d'une action Sopra pour quatre actions Steria, ont précisé les deux groupes dans un communiqué commun.

Cette OPE représente, au 4 avril, une contre-valeur de 22 euros par action Steria sur la base du cours moyen pondéré sur un mois de Sopra, «soit une prime de 40% sur le dernier cours de clôture de Steria et de 49% sur son cours moyen pondéré sur les 3 derniers mois». L'OPE sera déposée courant mai pour une fusion effective avant la fin 2014.

Sopra pèse environ un milliard d'euros en Bourse et Steria 522 millions d'euros. La cotation des deux groupes, suspendue lundi à leur demande alors qu'une source informée indiquait à l'AFP que les deux sociétés réfléchissaient à un rapprochement «entre égaux», reprendra mercredi matin.

Les deux groupes veulent proposer à leurs clients une «offre complète et intégrée pour accompagner» leur «transformation numérique» et misent sur leur complémentarité géographique et de métiers pour accélérer leur chiffre d'affaires.

Steria est plutôt axé sur les services d'infrastructures tandis que Sopra est davantage «orienté sur les services applicatifs», ainsi que dans l'édition de logiciels pour le secteur bancaire, avait expliqué lundi Vincent Gelineau, chargé du marché des services chez Pierre Audoin Consultants, cabinet d'études et de conseil dédié au secteur technologique.

- «Pas de plan social prévu» -

Steria, qui a acquis fin 2007 la société britannique Xansa, fortement implantée en Inde, ou l'Allemand Mummert fin 2004, a «une empreinte internationale plus marquée» que Sopra, avait également relevé l'analyste.

Les promoteurs du projet ont tenu à souligner que cette fusion n'entraînerait pas de plan social.

«Il n'y aura pas de plan social prévu, il n'y aura pas de départs volontaires prévus. Une gestion ordinaire de l'activité paraît amplement suffisante» pour permettre d'atteindre «les résultats annoncés», a déclaré devant la presse Pierre Pasquier, fondateur de Sopra et futur président du nouveau groupe, dont le directeur général sera François Enaud, actuel gérant exécutif de Steria.

Les deux groupes misent sur leur complémentarité géographique et de métiers pour accélérer leur chiffre d'affaires, tout en réalisant des économies: mutualisation d'achats et de ressources, optimisation de locaux et de sous-traitance, et visent des «synergies opérationnelles» estimées à 62 millions d'euros par an à partir de 2017.

«Il est tout à fait évident que la gestion du recrutement et la gestion de la sous-traitance offriront d'énormes possibilités d'économies», a relevé M. Pasquier.

Si Steria est plus grande que Sopra en termes de chiffre d'affaires, sa rentabilité a été fortement affectée l'an dernier par une série de facteurs exceptionnels et son bénéfice net est tombé à 8,9 millions d'euros. Le groupe, l'un des actionnaires d'Ecomouv, consortium chargé de collecter l'écotaxe, a été affecté par la suspension de celle-ci.

En février, Steria s'est néanmoins dit très optimiste pour 2014 du fait du plus gros contrat de son histoire décroché en Grande-Bretagne pour un montant de plus d'un milliard de livres (1,17 milliard d'euros) sur dix ans. Steria doit mener à bien la refonte des activités de support («back office») de plusieurs administrations centrales britanniques.

Sopra a, lui, accru son bénéfice net de 28% en 2013, pour le porter à 71,4 millions.