SFR: Vivendi choisit l'offre de Numericable

TELECOMS Arnaud Montebourg appelle Numericable à «faire preuve de patriotisme économique»...

avec AFP

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Le logo de SFR sur un magasin du groupe, le 1er avril 2014
Le logo de SFR sur un magasin du groupe, le 1er avril 2014 — Philippe Huguen AFP

Les responsables de Vivendi ont mis fin au suspense samedi en retenant «à l'unanimité» l'offre de Numericable pour leur filiale de téléphonie mobile SFR, rejetant celle de Bouygues pourtant clairement soutenue par les pouvoirs publics.

Bouygues et Altice/Numericable menaient depuis début mars une lutte acharnée pour convaincre Vivendi de leur céder SFR, deuxième opérateur français, à coups de surenchères et de contre-propositions. Vivendi avait choisi le 14 mars d'entrer en négociations exclusives avec Altice/Numericable, avec comme date butoir le 4 avril. Mais ce jour-là, Bouygues a lancé toutes ses forces dans la bataille en proposant une dernière offre améliorée atteignant 15 milliards d'euros en numéraire, et 10% du nouvel ensemble pour Vivendi.

Une valeur de plus de 17 millions d'euros

Le conseil de surveillance a pris le temps d'examiner cette offre mais a finalement tranché «à l'unanimité» en faveur d'Altice/Numericable qui propose 13,5 milliards d'euros à la réalisation de l'opération ainsi qu'un complément éventuel de prix de 750 millions d'euros, et une participation de 20% pour Vivendi dans le nouvel ensemble, qu'il pourra céder ultérieurement.

«L'ensemble devrait représenter une valeur totale supérieure à 17 milliards d'euros», indique Vivendi. Cette offre «correspond au projet industriel le plus porteur de croissance, le plus créateur de valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires», et répond ainsi « le mieux à (ses) objectifs», a fait valoir le groupe pour justifier son choix.

L'appel de Montebourg

Cette décision va à contre-courant de ce qu'attendait le gouvernement, qui s'est ému ces dernières semaines de voir passer le deuxième opérateur français aux mains d'Altice, un groupe luxembourgeois coté à Amsterdam et dont le patron, Patrick Drahi, est un milliardaire franco-israélien qui vit à Genève depuis 15 ans.

Arnaud Montebourg qui n'a jamais caché son soutien à l'offre de Bouygues, a demandé samedi aux vainqueurs de «faire preuve de patriotisme économique pour le choix de ses fournisseurs». Il a également assuré qu'il entendait «redoubler de vigilance» sur les engagements pris le groupe de «ne supprimer aucun emploi postérieurement à la fusion, sous quelque forme que ce soit».