La Russie n'a pas intérêt à un effondrement économique de l'Ukraine, selon l'UE

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La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, à Athènes le 5 avril 2014
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, à Athènes le 5 avril 2014 — Louisa Gouliamaki AFP

Des ministres des Affaires étrangères de l'UE ont mis en garde samedi la Russie contre le risque d'un effondrement économique de l'Ukraine en raison notamment de l'augmentation-sanction de 80% du prix de ses achats de gaz russe.

«La Russie a tout intérêt à ce que l'Ukraine ne s'effondre pas sur les plans économique comme politique», a affirmé le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, en marge d'une réunion informelle avec ses homologues de l'UE à Athènes.

«La Russie joue un rôle important parce que la stabilisation économique de l'Ukraine dépend en partie des prix de l'énergie fournie» par Moscou, a précisé M. Steinmeieir.

«C'est pour cela que nous devons dialoguer avec la Russie même si nous avons des divergences», a ajouté le ministre allemand, dont les préoccupations étaient partagées par plusieurs de ses homologues réunis à Athènes.

La Russie a fait passer cette semaine le prix des 1.000 mètres cubes de gaz livrés à l'ancienne république soviétique de 268 à 485 dollars, un des prix les plus élevés en Europe.

Le Premier ministre ukrainien par intérim, Arseni Iatseniouk, a dénoncé une décision «politique», «visant à miner les fondements économiques et sociaux du pays».

Le président de la compagnie gazière russe Gazprom, Alexeï Miller, a accentué samedi la pression en affirmant que l'Ukraine devrait rembourser les 11,4 milliards de dollars correspondant à la réduction sur le prix du gaz qui lui avaient été accordée ces quatre dernières années en échange du maintien de la flotte russe à Sébastopol, en Crimée.

A l'issue de la réunion informelle d'Athènes, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a de nouveau appelé Moscou à «s'engager dans la désescalade» en Ukraine et réaffirmé que l'UE était prête à imposer de «nouvelles sanctions», notamment d'ordre économique, si la crise s'aggravait. «Nous sommes unis» entre Européens, «pour affronter les menaces auxquelles fait face l'Ukraine», a-t-elle souligné.