Déficits: Juncker contre un «passe-droit» pour la France

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L'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker à Dublin le 7 mars 2014
L'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker à Dublin le 7 mars 2014 — Peter Muhly AFP

L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, s'est dit samedi opposé sur le principe au fait que la France bénéficie d'un nouveau délai pour réduire son déficit public.

La France, qui a déjà obtenu un report jusqu'en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, «ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit», a déclaré M. Juncker lors d'un point de presse à Berlin.

Présent en Allemagne à l'occasion d'une réunion du parti conservateur CDU d'Angela Merkel sur les élections européennes, Jean-Claude Juncker a estimé que la France devait «suivre les règles du jeu comme tous les autres».

Dès le lendemain de son entrée en fonction mercredi, le nouveau ministre français des Finances, Michel Sapin, qui doit rencontrer son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, lundi à Berlin, a fait savoir qu'il voulait discuter avec Bruxelles du «rythme» de réduction du déficit public français, qui selon les règles européennes doit descendre en-dessous de 3% de son produit intérieur brut.

Un nouvel assouplissement ne serait pas fait pour réjouir Berlin, chantre de la discipline budgétaire en Europe. Si Wolfgang Schäuble s'est contenté de souligner que la France «restait un pays fort» en dépit d'une situation politique «difficile», le porte-parole d'Angela Merkel a dit vendredi faire «confiance à la France pour respecter ses engagements».

Quant au président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann, il a demandé à la Commission européenne de faire «respecter les règles de manière stricte».