La Bourse de Paris s'interroge sur les politiques des banques centrales

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Le palais Brongniart, qui hébergeait autrefois la Bourse de Paris
Le palais Brongniart, qui hébergeait autrefois la Bourse de Paris — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris tentera de poursuivre sa hausse sans grand événement la semaine prochaine, en s'interrogeant sur les politiques monétaires de la BCE et de la Fed, qui doit notamment publier les minutes de sa dernière réunion.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 1,66% pour terminer vendredi à 4.484,55 points. Il a ainsi inscrit un nouveau sommet depuis début septembre 2008. Depuis le 1er janvier 2014, il a gagné 4,39%.

Sans indicateur de premier plan, les investisseurs seront dépourvus d'élements susceptibles de dégager une tendance claire.

«Le calendrier est un peu léger et le marché va digérer un certain nombre d'éléments : les spéculations sur la date de remontée des taux de la Fed, les conséquences du discours accommodant de la BCE et l'évolution de la situation dans les émergents, en Chine notamment», résume Mathieu L'Hoir, stratégiste chez Axa Investment Managers.

La crise ukrainienne semble s'être éloignée des salles de marché, et l'enjeu sera de conserver la dynamique haussière d'une semaine sur l'autre.

«Globalement on a des indices européens qui ont tous cassé des plus hauts cette semaine. C'est le signe d'une deuxième phase de hausse qui devrait s'amorcer après la consolidation qu'on a connu sur les quatre derniers mois», pronostique Bertrand Lamielle, directeur délégué de la gestion chez B*Capital (groupe BNP Paribas).

Le répit imposé par le calendrier permettra aux investisseurs de disséquer les politiques des grandes banques centrales : la BCE et la Fed. D'autant que cette dernière publie mercredi les minutes de sa dernière réunion, qui constitueront «l'événement de la semaine», selon les analystes de BNP Paribas.

La Fed réduit régulièrement ses achats d'actifs et le marché s'est ajusté à la perspective de la fin de ce programme. Mais une nouvelle question l'agite : quand la Fed va-t-elle remonter ses taux très bas, qui favorisent les actions depuis des mois ?

«Il va falloir essayer d'extraire des minutes quelque chose d'un peu plus précis sur le calendrier. (...) L'absence de consensus est assez marquante sur ce sujet, et il est peu probable qu'on ait des indications supplémentaires claires», reprend Mathieu L'Hoir.

La présidente de la Fed, Janet Yellen, s'est montrée vague sur l'horizon de la remontée des taux lors de sa première conférence de presse. Cette semaine, ses lieutenants ont exposé leurs désaccords : certains fixent l'échéance dès le premier semestre 2015, d'autres au second.

Janet Yellen a par ailleurs brouillé les pistes en début de semaine, en jugeant l'aide de la Fed «encore nécessaire» tant que l'emploi américain n'aurait pas retrouvé «une santé normale».

- Lancement des résultats trimestriels -

De l'autre côté de l'Atlantique, la BCE a elle aussi mis un point d'honneur à se montrer accommodante, en insistant sur les mesures exceptionnelles à sa disposition pour lutter contre une éventuelle déflation en zone euro.

Les paroles de son président Mario Draghi pourraient encore nourrir l'optimisme du marché la semaine prochaine.

«Le discours de la BCE n'a pas été salué à sa juste valeur hier», estime ainsi Bertrand Lamielle.

«Mario Draghi a insisté sur l'unanimité du conseil des gouverneurs, ce qui veut dire que l'Allemagne est prête à utiliser des moyens non conventionnels en cas de déflation, alors qu'elle freinait jusque-là des quatre fers. (...) L'attention portée à l'euro est aussi un signe important : ce n'est absolument pas dans le mandat de la BCE à la base», ajoute-t-il.

Au moment où la BCE tente de guider les marchés à la seule force du verbe, les deuxièmes estimations des chiffres d'inflation de mars prévues en France et en Allemagne seront surveillés la semaine prochaine.

«Mais on ne s'attend pas à un changement majeur en mars. Des chiffres d'avril décevants pourraient en revanche pousser la BCE à appuyer sur la gâchette», explique Mathieu L'Hoir.

Les autres indicateurs notables concerneront surtout l'Allemagne.

«Les chiffres du commerce extérieur et de la production industrielle allemandes nous donneront une idée de la force de la croissance dans la plus grande économie d'Europe», souligne l'équipe de BNP Paribas.

Les entreprises commenceront également à revenir à la barre des publications, pour le premier trimestre 2014. LVMH et Carrefour doivent notamment publier leur chiffre d'affaires des trois derniers mois.

«Il sera intéressant de voir quel est le point de vue des entreprises sur les émergents et sur l'impact de l'Ukraine. (...) La microéconomie va à nouveau se refaire une place dans les débats en avril», conclut Bertrand Lamielle.

CAC 40