Rachat de SFR: Bouygues fait une ultime offre avant la décision de Vivendi

TELECOMS Bouygues vient de mettre 15 milliards sur la table et mobilise des poids lourds du capitalisme français pour soutenir sa proposition...

Bertrand de Volontat

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Une boutique de Bouygues Telecom à côté d'une autre de SFR, à Dunkerque le 1er avril 2014
Une boutique de Bouygues Telecom à côté d'une autre de SFR, à Dunkerque le 1er avril 2014 —

Bouygues et Numericable sont suspendus ce vendredi à la décision de Vivendi, qui à l'issue de trois semaines de négociations exclusives avec le cablo-opérateur, devrait dire s'il choisit de lui céder sa filiale de télécoms SFR, ou de prendre en compte la contre-proposition améliorée de Bouygues, dévoilée en fin de matinée.

Le conseil de surveillance de Vivendi se réunit ce vendredi pour décider du sort de SFR, que le groupe avait initialement décidé d'introduire en Bourse dans le cadre de son recentrage sur les contenus et les médias, avant de recevoir d'alléchantes offres de rachat de Bouygues et d'Altice/Numericable.

Une lutte acharnée dominée par Vivendi

Les deux groupes mènent depuis début mars une lutte acharnée pour convaincre Vivendi de leur céder SFR, deuxième opérateur français. Alors que Numericable était en pourparlers avec Vivendi depuis de longs mois, Bouygues a publiquement annoncé son intérêt pour SFR, ce qui a amené Numericable à renchérir.

Mais, le 14 mars, Vivendi a tout de même annoncé qu'il entrait en négociations exclusives avec le câblo-opérateur avec comme date butoir le 4 avril, sur la base d'une offre qui prévoit un paiement de 11,75 milliards d'euros pour Vivendi, ainsi que l'attribution de 32% du capital de la nouvelle entité.

Ultime offre gonflée de Bouygues

Malgré ce camouflet, Bouygues, opiniâtre, n'a pas baissé les armes et a au contraire amélioré peu à peu son offre pour atteindre 15 milliards d'euros en numéraire, et 10% du nouvel ensemble pour Vivendi, dans une dernière offre annoncée vendredi matin et valable jusqu'au 25 avril. Selon Bouygues, cette offre «valorise ainsi SFR pour Vivendi à 16 milliards d'euros avant synergies et 16,5 milliards d'euros en intégrant les 5 milliards d'euros de synergies sécurisées grâce aux économies résultant de la cession du réseau à Free».

Le géant du BTP a insisté sur la solidité de son offre indiquant qu'il a fédéré autour de son projet «des partenaires industriels et institutionnels qui investiront 2,85 milliards d'euros dans la nouvelle entité», notamment Axa, la Caisse des Dépôts (bras financier de l'Etat), GIMD (famille Dassault), JC Decaux Holding (famille Decaux), GIC (Fonds souverain de Singapour), le fonds de pension canadien OTTP, la famille Pinault et Reuben Brothers Ltd.

Bouygues reste ferme sur l'emploi

Bouygues assure également que la cession de son réseau de téléphonie mobile et d'un portefeuille de fréquences à Free «apporte d'ores et déjà une réponse aux impératifs de concurrence», qui pèsent sur ce projet qui réduirait de 4 à 3 le nombre d'acteurs principaux dans la téléphonie mobile en France.

Bouygues renouvelle aussi ses engagements sur l'emploi, s'engageant à ne procéder à «aucun licenciement économique collectif, plan social ou plan de départ volontaire» pendant une durée de 36 mois, à compter de la signature d'un accord de rapprochement. Un peu plus tôt, dans la journée, le syndicat FO avait ouvertement pris parti pour l'offre de Bouygues.

Bouygues laisse cependant encore le choix à Vivendi entre plus d'argent ou plus d'action en laissant sur la table une de ses précédentes offres, faite le 12 mars, qui impliquait que Vivendi reçoive 11,3 milliards d'euros en numéraire et 43% du capital du nouvel ensemble à naître de la fusion entre SFR et Bouygues Telecom.