Chômage: Les mesures du gouvernement Ayrault devraient payer en 2014

SOCIAL C'est ce que prévoit l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)...

Céline Boff

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Le Premier ministre démissionnaire Jean-Marc Ayrault salue les personnels de Matignon, le 1er avril 2014.
Le Premier ministre démissionnaire Jean-Marc Ayrault salue les personnels de Matignon, le 1er avril 2014. —

Pour Jean-Marc Ayrault, c’est trop tard. Mais pas pour François Hollande. Trois jours seulement après avoir remercié son Premier ministre, une bonne nouvelle se profile pour le Président. D’après les dernières prévisions de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les mesures prises depuis deux ans pour relancer l’emploi devraient enfin porter leurs fruits cette année. Explications.

Dans le secteur marchand

Pour l’Insee, le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), la mesure phare de l’ex-gouvernement Ayrault, fera la différence cette année. Entré en vigueur début 2013 pour les PME et le 1er janvier dernier pour les grands groupes, ce crédit d’impôt devrait permettre aux entreprises de compenser la faiblesse de leur activité passée. Et même de recruter.

L’emploi marchand progresserait ainsi de 4.000 postes sur le premier semestre. C’est peu, mais la France revient de loin: pas moins de 68.000 postes ont été détruits pendant les six premiers mois de 2013.

Rappelons que le CICE permet un allègement du coût du travail de 20 milliards d’euros par an pour les entreprises qui emploient des salariés rémunérés à moins de 2,5 Smic net.

Dans le secteur non marchand

Après avoir perdu 9.500 postes –l’équivalent du plan social chez PSA– entre septembre 2012 et mai 2013, les associations ont réussi à renouer avec les recrutements. Principalement grâce aux emplois d’avenir, également lancés sous le gouvernement Ayrault.

Ces contrats, dont le salaire est subventionné à 75% par l’Etat, sont «progressivement montés en puissance au sein des associations, amortissant les effets de la crise et du recul des subventions. Sans eux, l’année aurait été mauvaise», confiait récemment à 20 Minutes Jacques Malet, président de l’Institut Recherches et Solidarités.

Cette année encore, l’Insee prévoit un effet positif des emplois d’avenir sur les recrutements. Et ce, malgré une loi de finances 2014 défavorable –elle a programmé 50.000 contrats de moins. Mais l’augmentation de la durée moyenne de ces contrats permettrait in fine «une augmentation du nombre de bénéficiaires», note l’Institut. Résultat: 53.000 emplois devraient voir le jour au premier semestre 2014.

Et le chômage dans tout ça?

Il n’augmenterait plus, en tout cas pas au cours du premier semestre 2014. Les créations d’emplois dans les secteurs marchands et non marchands devraient en effet absorber la hausse de la population active.

Malheureusement, ces créations ne seront pas suffisantes pour inverser la courbe du chômage. Fin juin, le taux de chômage devrait donc s’établir à 10,2% de la population active, soit autant qu’à la fin 2013.

Car il manque toujours, dans la boîte à outils présidentielle, l’instrument pour relancer la croissance. Or, seule une croissance «forte» -au moins 1,5%- serait à même de commencer à réduire le chômage. Mais ce n’est pas au programme. D’après les prévisions des diverses institutions économiques, la croissance française ne devrait pas excéder les 0,9% cette année.