10km, courses festives, marathon: Quand les foulées brassent des millions

BUSINESS Selon le «Baromètre du running Caisse d’épargne» 2014, réalisé par Kantar Média et Uniteam Sport, 7,8 millions de Français pratiquent la course à pied…

Romain Lescurieux
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Les concurrents du marathon de Paris au départ, le 2 mars 2014.
Les concurrents du marathon de Paris au départ, le 2 mars 2014. — THOMAS SAMSON / AFP

40, 115, 208 euros, au stand Asics, les prix grimpent et la file d’attente s’allonge. Quelques jours avant le Marathon de Paris qui se tient ce dimanche 6 avril, les coureurs se croisent dans les allées du Running Expo, Porte de Versailles. Un passage obligé pour retirer son dossard et une bonne occasion de faire du shopping. «J’en ai profité pour racheter une paire de chaussures et quelques bricoles», sourit Jade, 53 ans. Total: 182 euros. Une «bagatelle» pour celui qui prendra la ligne de départ de la célèbre course, comme 50.000 autres personnes.

Car les Français courent. Beaucoup. Selon le «Baromètre du running Caisse d’épargne» 2014, réalisé par Kantar Média et Uniteam Sport: 7,8 millions de Français pratiquent la course à pied. 1,56 million d’entre eux ont participé au minimum à une des 5.971 courses organisées en 2013. De quoi développer un business.

«Le Marathon de Paris est notre vitrine»

«Le running prend une place grandissante dans notre activité», affirme Laurent Lachaux, directeur commercial en charge des partenariats chez Amaury Sport Organisation (A.S.O). Le groupe organise la course depuis 1999, en plus du Tour de France et d’autres rendez-vous sportifs majeurs. «Le Marathon de Paris est notre vitrine», explique Thibault Vellard, responsable des épreuves de courses à pied, «mais nous nous adaptons aussi à chaque tranche de la population».

ASO, comme d’autres, organise aussi des courses «festives» à l'image du Mud Day (une journée de courses et d’épreuves dans la boue). Basés sur le fun et l’effort, d'autres rendez-vous de ce type ont lieu durant le mois d’avril: la Color Run ou la Flash Run. Le ticket d’entrée tourne alors aux alentours de 40 euros.

Cinq euros supplémentaires pour s’inscrire

Depuis l’édition 2013, le prix du Marathon de Paris, lui, n’est pas fixe. Il varie en fonction de la date d’inscription: de 70 pour les premières places à 115 euros pour les dernières. Ce qui ne démotive pas les participants. En 2001, ils étaient 22.000 inscrits. 43.000 en 2012. Désormais, le chiffre oscille aux alentours de 50.000. Si le nombre de coureurs augmente au fil des années, le prix à l’unité aussi: 5 euros de plus que l’année dernière pour chaque place.

«Paris est l’un des marathons les plus grands importants du monde, donc le prix est justifié», commente Laurent Lachaux. L’année dernière, les inscriptions auraient rapporté au groupe 3 millions d’euros hors taxes, estimait Challenges en 2013. Des chiffres qu’ASO ne souhaite pas confirmer.

«Des coureurs s’équipent intégralement chez nous»

Les inscriptions ne représentent d’ailleurs qu’une partie du chiffre d’affaires du marathon. Car les partenaires sont nombreux. «Les entreprises ont bien compris l’ampleur du phénomène et participent de plus en plus à l’effort», expose Laurent Lachaux. En février 2013, le groupe signe son premier «partenariat titre» avec Schneider Electric. La course est alors rebaptisée «Schneider Electric Marathon de Paris». Derrière un changement de nom, un contrat de quatre ans pour plus d’un million d’euros par an.

A.S.O compte 17 partenaires économiques dont Nissan, Samsung, Holiday Inn etc. «Pour chacun d’entre eux, le contrat vaut entre 50 et 100.000 euros». Asics, le leader du marché des équipements running est le partenaire majeur depuis 2009. Laurent Lachaux reste évasif sur la relation avec la marque: «Là, le contrat oscille entre 100.000 et un million d’euros». Mais le jeu en vaut la chandelle, pour l’équipementier japonais. «Après New-York, c’est le rendez-vous running le plus important», assure Clémence Desbrosse, responsable communication chez Asics. Une centaine de salariés du groupe sont mobilisés pour l’occasion. Chaussures, textiles, toute la gamme du groupe nippon est mise en avant. Et pour cause. «Les coureurs, notamment étrangers, s’équipent intégralement chez nous. C’est aussi un souvenir de Paris.»