Remaniement: Pierre Moscovici, le grand perdant?

REMANIEMENT Pierre Moscovici n’est pas reconduit au ministère de l’Economie et des Finances. Un départ qu’il semblait préparer depuis un certain temps…

Romain Lescurieux

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Le ministre de l'Économie Pierre Moscovici présente les résultats 2013 des douanes, à Paris le 12 mars 2014
Le ministre de l'Économie Pierre Moscovici présente les résultats 2013 des douanes, à Paris le 12 mars 2014 — Eric Piermont AFP

Le remaniement a eu raison de lui. Après sa défaite dimanche aux municipales, suivie de l’annonce lundi dernier d’un déficit public plus lourd que prévu, Pierre Moscovici — directeur de campagne de François Hollande en 2012 — est remplacé à Bercy par Arnaud Montebourg qui conserve également le ministère du Redressement productif. Si en deux ans, l’homme du Doubs n’a pas réussi à imposer sa marque sur les enjeux nationaux, il aura surtout fait des sujets européens sa grande priorité.

Un homme plus proche de Bruxelles

A l’été 2013, Pierre Moscovici embarrasse l’exécutif en disant «comprendre le ras-le-bol fiscal», expression lancée initialement par le Medef. Parallèlement, il peine à imposer sa marque sur les grands chantiers. Pacte de responsabilité, crédit d’impôt compétitivité emploi du pacte de compétitivité, ces réformes majeures n’ont pas été portées par Pierre Moscovici en personne, mais davantage pas François Hollande. D’autre part, les dossiers plus techniques comme la réforme bancaire, la création de Bpifrance, PEA-PME, la réforme de l’épargne réglementée, n’ont pas trouvé d’échos auprès du grand public.

A contrario, Pierre Moscovici affiche quelques réussites à Bruxelles au cours de ces deux années: accord sur une union bancaire européenne, négociation d’un délai budgétaire pour la France (il a obtenu de Bruxelles un délai jusqu’en 2015 pour ramener le déficit public de la France sous les 3% du PIB)… Il a également passé la première année du quinquennat à la résolution de la crise financière. L’Union européenne se dessine d’ailleurs depuis un certain temps comme son prochain but.

Le 10 mars 2014, sur BFMTV, il fait savoir qu’il garde une porte ouverte pour un départ vers Bruxelles, où selon lui, «la France doit disposer d’un très grand portefeuille dans la prochaine Commission européenne, notamment un portefeuille économique». De manière globale, Pierre Moscovici — ex-député européen et ex-ministre des Affaires européennes – jugeait alors la voie libre pour que la France décroche un poste à la Commission, tout en signalant qu’il était prêt à s’en saisir, si l’Élysée lui donnait le feu vert. Et si François Hollande venait de lui donner?